des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Lu – vu – entendu

Ces deux livres de Michel Serres, parus à vingt cinq ans de distance, forment à mes yeux un diptyque.

La mort, depuis que l’homme est homme, produit des stèles, et des statues. Avec elle, la chair se fait pierre. Elle se fige dans le dur. La sculpture se dresse, immobile, immuable, silencieuse, « boite noire » interrogeant muettement ceux des siècles à venir.

Le mouvement et la vie produisent des vibrations qui s’ordonnent et se raffinent en musique. Avec le chant, la chair se fait verbe. Magnificat. La musique se déploie dans le présent. Elle se fait entendre, et n’est plus.

Sculpture et musique. Dur et doux. Loth et Orphée. Loth fuit Sodome avec sa famille. La mort les poursuit. Sa femme se retourne, et devient une colonne de sel : apparition de la statue. Orphée le musicien revient avec Eurydice des Enfers. Il se retourne, elle s’évanouit comme une note qui cesse de sonner : fin de la musique.

(Rappel : ce soir à 17 h, première des “Rencontres Michel Serres de l’Ecole Normale Supérieure”. Pour ceux qui voudraient y assister par visioconférence, le lien est ici : https://forms.app/marinesalesses/inscription-visioconference-michel-serres-3-juin)

 

Sur ses fesses bariolées
on écrivit en violet
deux sonnets sibyllins rimés
par le poète Mallarmé

J’ai découvert les œuvres de Georges Fourest grâce à mon deuxième grand-père maternel lorsque j’étais adolescent. C’était un esprit libre et gentiment provocateur qui, connaissant mon penchant pour la littérature et prenant plaisir à m’initier à des choses qui sortaient des sentiers battus de la culture bourgeoise, m’avait un jour offert ce petit recueil de poèmes au titre étonnant : La négresse blonde, bientôt suivi d’un second intitulé Le géranium ovipare. Je m’étais plongé dedans avec enthousiasme, mais je dois bien avouer que je n’y avais d’abord rien compris.

Car Fourest (1867-1945) est un virtuose de la langue, du vocabulaire, de la rime et de la satire. Il jongle avec des mots rares ou étranges, des images provocantes, des sonorités exotiques, et raille nombre de personnalités de son temps, retombées depuis dans l’oubli. Dans un registre souvent égrillard et violemment satirique ses poèmes sont des exercices de style éblouissants. Il pousse le jeu de la langue à l’extrême, se moque de tout, ne respecte rien, dynamite en quelques vers malicieux les tragédies de Corneille et Racine, et pense qu’il n’y a pas grand chose de mieux à faire dans l’existence que d’attraper des hannetons (Ballade pour faire connaître mes occupations ordinaires)— me fournissant pour l’occasion le texte d’une de mes plus anciennes chansons (Les hannetons).

On raconte qu’un médecin brésilien fit teindre en blond ses deux servantes noires après avoir lu le recueil. L’histoire ne précise pas si le brave homme leur fit également tatouer des vers de l’abscons Mallarmé sur le postérieur.

« Je continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme. »

1969. Bernard Moitessier allait être le premier à boucler une course autour du monde à la voile sans escale et en solitaire. Personne ne l’avait encore fait auparavant, personne même n’y avait véritablement pensé : sauf lui.
A bord d’un ketch de douze mètres, sans même une radio à bord, il avait quitté l’Angleterre, descendu l’Atlantique, franchi le cap de Bonne-Espérance, traversé l’océan Indien, puis le Pacifique, doublé le Cap Horn, et remontait vers l’Europe en longeant les côtes de l’Argentine, lorsqu’il décida de changer de cap, et fit à nouveau route vers le sud de l’Afrique. Là, il croisa un cargo, auquel il confia le bref message qu’on vient de lire, et continua sa route jusqu’à Tahiti où il s’arrêta parce que Joshua, son bateau, n’en pouvait plus, et où il vécut un peu comme Brel, plus tard, le ferait aux Marquises.

La longue route est le journal de bord de ce périple. C’est presque le contraire de l’Odyssée. Poséidon est hostile à Ulysse, il fait de la mer un obstacle à celui qui veut rentrer chez lui ; mais il est amical à Moitessier, qui est « heureux en mer », voudrait y rester toujours, et ne trouve, après quelques mois de voyage, aucun intérêt à rentrer chez lui, ni à remporter la course, ni à gagner de l’argent. Une évidence s’impose à lui : sa joie et son salut, c’est d’être seul face à l’océan, au ciel, au vent et à lui-même.

Le livre est écrit simplement, sans apprêts : le ciel, les flots, les étoiles, la météo, les détails de la vie du bateau et à bord du bateau. Quant à la décision d’enchaîner avec un deuxième tour du monde, et de réaliser ainsi cette bifurcation radicale qui allait le faire entrer dans l’histoire, il la raconte en quelques pages extraordinaires : car ce qui apparaît après coup comme une nécessité absolue, inscrite dans le destin de cet homme, n’a en vérité tenu à rien. Il dit qu’il aurait pu tout aussi bien continuer vers Plymouth, retrouver sa famille, inscrire son nom au palmarès des vainqueurs, respecter l’ordre des choses, ne jamais passer de l’autre côté du miroir, et (réflexion saisissante) que ça n’aurait pas fait de lui quelqu’un de moins bien.

« Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme », de Laurence Sterne, (c’est sous ce titre que je l’ai lu) est l’un des livres les plus réjouissants qui se puissent lire. Ce roman anglais du XVIIIè siècle se présente comme le récit autobiographique d’un homme qui entreprend de raconter sa vie en commençant par le jour de sa conception, et qui s’aperçoit qu’il n’en viendra jamais à bout car il lui faut plus d’une journée d’écriture pour conter une journée de son existence. Tous les codes de la narration y volent en éclat : la dédicace est placée à la fin du chapitre huit, la préface se situe vers la page 200, et certains chapitres s’interrompent au milieu d’une phrase quand d’autres sont remplacés par des pages noires.

Pourquoi un tel désordre ? Parce qu’à l’instant même où Tristram Shandy fut conçu se produisit une perturbation qui allait affecter sa vie entière. Jugez plutôt : Monsieur Shandy père s’était fixé pour règle de remonter de ses propres mains, le premier dimanche de chaque mois, la grande pendule installée sur le palier de l’escalier de sa maison, et « il avait été peu à peu conduit à concentrer à la même date divers autres devoirs familiaux, afin de se débarrasser de tous en une seule fois et d’éviter tout le reste du mois leur hantise importune ». Si bien qu’à la longue, « par une de ces malencontreuses associations d’idées sans fondement naturel » (mais qu’on peut aujourd’hui qualifier de pavlovienne), Madame Shandy, mère du narrateur, ne put « plus entendre remonter ladite pendule sans voir soudain surgir certaines autres pensées, et vice-versa ». Or, le soir où Tristram allait être conçu, et alors que ses parents, comme de juste, s’employaient à accomplir leur devoir conjugal, voici qu’au moment précis où se transmettaient du père au fils « les esprits vitaux, des bons mouvements desquels dépendent le bon sens ou la folie d’un homme, ses succès ou ses mésaventures », Madame Shandy s’était écriée : « – Pardon, mon ami, n’avez-vous pas oublié de remonter la pendule ? »

Les esprits venaient d’être lâchés, ce cri les embrouilla. Le destin de Tristram Shandy, comme le livre qui le raconte, ne pouvait plus ressembler à aucun autre. Cela donne un chef d’œuvre d’humour, de nonsense et de cocasserie.

« L’an du Christ 1571, âgé de trente-huit ans, la veille des calendes de mars, anniversaire de sa naissance, Michel de Montaigne, las depuis longtemps déjà de la servitude de la cour et des charges publiques, se sentant encor dispos, se retira dans le sein des doctes vierges [les Muses], où, en repos et sécurité, il passera les jours qui lui restent à vivre. »

Ayant fait peindre cette phrase sur une poutre de sa bibliothèque, dans la tour de son château, Montaigne s’y retire, se consacre « à sa liberté, à sa tranquillité et à son loisir » et entreprend la rédaction des Essais. Voici l’exemple parfait de ce que je crois être la sagesse : on a vu le monde, on y a pris sa part, on a compris comme il tourne, et l’on se dit qu’au fond, le mieux est de s’en tenir à l’écart et de « se réserver une arrière-boutique toute nôtre, toute grande, en laquelle nous établissons notre vraie liberté et principale retraite et solitude ».

Les Essais sont le fruit de cette retraite librement consentie. Montaigne eût-il continué à s’occuper d’affaires publiques (ou privées), jamais ils n’auraient vu le jour. La simple existence de ce livre extraordinaire constitue la démonstration éclatante que le loisir, mené avec talent, a une utilité bien supérieure à toutes les autres activités humaines, en ce qu’il permet la réflexion sur la vie, la « préméditation de la mort », l’apprentissage de la mesure des êtres et des choses, et l’approfondissement de soi.

Quant à moi, quand je le lis, j’ai souvent l’impression de m’y voir comme dans un miroir. Il y est question d’un homme qui s’est donné comme art de vivre de « rester soi-même », et qui a détesté, du plus profond de son âme, les réformateurs professionnels du monde, les théoriciens, les marchands d’idéologie. Un homme qui a consacré une bonne part de sa vie à « l’oisiveté créatrice », et sur qui « comme un fleuve, tout glisse et ne dépose rien, pas de conviction profonde, pas d’opinion solide, rien de fixe, rien de stable* ». Un homme qui, face à la cohorte de ceux qui prétendent détenir la vérité, répondait simplement : « Que sais-je ? », qui s’est efforcé de rester debout dans le chaos du monde, et qui n’eut pas de plus grand souci que celui de sa liberté.

 

 * Stefan Zweig, Montaigne

L’Odyssée. Sans doute le plus beau roman / poème de tous les temps. Mon Dieu ! Quel choc ! Tout y est : l’aventure, l’amour, le fantastique, la violence, la tendresse, le parcours initiatique, la descente aux enfers, la nostalgie, et une poésie intemporelle rendue de manière éblouissante par la traduction de Philippe Jaccottet, que je conseille absolument.

La guerre de Troie est finie, et Ulysse, « l’Inventif », contrairement aux autres rois Grecs, va mettre dix années à rentrer chez lui. L’Odyssée nous conte ce retour, ou plutôt la fin de ce retour, car pendant sept ans, on l’apprend au chant V, Ulysse a séjourné chez Calypso. C’est une nymphe, une demi-déesse qui lui a procuré tous les plaisirs terrestres comme autant de baumes sur ses plaies de guerrier, comme autant de drogues à un vétéran. Elle lui a même promis l’immortalité pourvu qu’il demeure avec elle dans son paradis. Mais depuis quelque temps Ulysse s’ennuie et pleure en regardant la mer. Le paradis est artificiel. Sa place n’est pas là, elle est auprès de Pénélope sa femme, chez lui à Ithaque. Alors, malgré l’immensité des épreuves qui l’attendent et « même si quelque dieu veut l’engloutir dans l’abîme », il part à nouveau affronter le monde, à la rencontre de lui-même.

Les périls de la mer (tempêtes, récifs, sirènes), la séduction de nouvelles rencontres (Circé, Nausicaa), la plongée dans l’anonymat (mon nom est Personne), l’errance au bord de la folie et jusque chez les morts, le massacre des prétendants, la réconciliation avec son père et son fils, la reconquête de sa femme : long est le chemin du retour vers tout ce qui fait le prix et la simple beauté d’une vie d’homme, lorsque le monde n’est plus en guerre et que le temps des héros est fini.

Enfin, « après tant de souffrances et vingt années d’absence », s’étant retrouvé une dernière fois « au milieu des héros tués, éclaboussé de souillure et de sang, comme un lion qui s’éloigne ayant dévoré un bœuf au pâturage : tout son poitrail, et ses mâchoires de part et d’autre, couverts de sang », Ulysse se couchera auprès de Pénélope. Ils ont tant d’amour à faire et à refaire, tant de choses à se dire, que la déesse Athéna, qui a pris Ulysse en affection et protection, interviendra pour prolonger la nuit : « Il pleura, tenant sa femme fidèle, joie de son âme (…), dont les bras blancs ne voulaient plus se détacher de son cou. 
L’Aurore aurait paru avant que leurs sanglots ne cessent si Athéna aux yeux brillants n’avait eu son idée :
 elle allongea la nuit au bout du monde et retint l’aube 
au trône d’or dans l’Océan, sans la laisser atteler ses coursiers portant aux hommes la lumière. »

Brian Thompson m’a nommé il y a quelques jours sur Facebook pour l’exercice des « dix livres » : publier les couvertures de dix livres que j’aime, un par jour. Je n’ai pas embrayé tout de suite, mais voici que Claudine me nomme à son tour, et je ne peux donc qu’obtempérer, et même : me dépêcher d’obtempérer. Je suis en retard. Voyons si j’en viendrai à bout.

Je ne surprendrai personne en nommant en premier La Fontaine et ses Fables. Légèreté, indépendance d’esprit, humour, fantaisie, vivacité, finesse, et un art d’écrire aussi fluide que mystérieux. Le sommet à mon sens insurpassable de la littérature française.

A première lecture tout parait simple et évident. Penchez-vous dessus en détail, c’est à n’y rien comprendre. La Fontaine passe en permanence du présent au passé, du style indirect au style direct. Il ne cesse d’actualiser sa narration, avec un tel naturel qu’on ne le remarque même pas. Sa liberté de ton est d’abord une liberté grammaticale : il ne subit pas les règles de la syntaxe ou de la composition, il joue avec, et les dépasse. La Fontaine est un subversif. Il n’aime pas la Cour ni les soi-disant « grands », et n’aspire qu’à « loin du monde et du bruit goûter l’ombre et le frais ». Il n’aime pas ce qui brille. Il n’aime pas ce qui pèse (« les longs ouvrages me font peur / loin d’épuiser une matière / on n’en doit prendre que la fleur »). Il n’aime pas ce qui contraint. Il ne se soucie pas d’originalité : la matière de ses fables est connue depuis des siècles, ses sujets il les prend chez Esope, Phèdre ou Pilpay. Car tout est dans la manière, et La Fontaine le sait : « d’un langage nouveau / j’ai fait parler le loup et répondre l’agneau; / j’ai passé plus avant : les arbres et les plantes / sont devenus chez moi créatures parlantes. / Qui ne prendrait ceci pour un enchantement ? *»

La Fontaine : l’enchanteur par excellence, qui travestit la comédie des hommes pour mieux la mettre à nu.

* Contre ceux qui ont le goût difficile

J’ai lu que le terme utopie était le fruit d’un jeu de mots. Quand Thomas More l’a créé, au début du XVIè siècle, il aurait volontairement utilisé le fait que le préfixe grec ευ qui signifie le bien (comme dans Eugène, le bien-né) se prononce, avec l’accent anglais, à peu près comme le préfixe οὐ qui marque la négation [juː]. Si bien que l’u-topie (de τοπος, le lieu) désigne à la fois le lieu idéal et un lieu inexistant.

Vingt ans plus tard, le mot est repris par Rabelais : c’est en Utopie qu’il fait naître Pantagruel, fils de Gargantua et « de sa femme Badebec, fille du roi des Amaurotes, laquelle mourut du mal d’enfant, car il était si merveilleusement grand et si lourd qu’il ne put venir à lumière sans ainsi suffoquer sa mère. »

Rabelais aussi était un maître en jeux de mots. Celui d’Amaurote, qu’il emprunte également à Thomas More, dérive du grec άμαυρός, obscur. Rabelais suggère ainsi que de l’obscurité naîtra la lumière, et que celle-ci la fera suffoquer.

La Renaissance brillait alors de tous ses feux.

 

Je citais Mark Twain l’autre jour. Je le connais mal mais je l’aime bien. J’apprécie son humour féroce et sa lucidité au vitriol.

Voyez la façon dont il pourfend la religion et ses tendances fanatisantes : « L’homme est le seul animal religieux. Il est le seul animal à détenir la vraie religion — même plusieurs. Il est le seul animal qui aime son prochain comme lui-même et qui lui tranche la gorge si sa théologie n’est pas correcte. »

On dit aussi que pour dénoncer la veulerie des notables de sa région, il s’est un temps appliqué à leur envoyer, au hasard, des messages anonymes : « Fuyez, tout est découvert ». Plusieurs ont fui. Eux seuls savaient de quoi ils étaient coupables. Ça l’amusait beaucoup.

Enfin, dans Les aventures de Tom Sawyer, il écrit : « Si Tom avait été un philosophe aussi grand et aussi profond que l’auteur de ce livre, il aurait compris une fois pour toutes que travailler c’est faire tout ce qui nous est imposé, et s’amuser exactement l’inverse ». Et voilà en effet une grande et profonde pensée.

J’ai rencontré Marina Tomé il y a seize ans. Comédienne, metteuse en scène (et auteure*, mais je l’ignorais alors) elle avait accepté de relever le défi de me préparer, en trois semaines, à donner mes premiers concerts. J’ignorais tout de la scène. J’étais comme un petit marcheur de plaine à qui avait pris l’idée d’escalader une montagne. Elle m’a donné les clés pour que je ne me casse pas la figure dès le début de l’ascension. Par la suite elle m’a toujours servi de guide, intensément pendant deux ans, puis de façon plus espacée. C’est ainsi que nous sommes devenus amis.

Marina est née en Argentine, où ses grands parents juifs avaient émigré après avoir fui la Pologne. À cinq ans, nouvel exil : face à la dictature militaire, ses parents décident de s’installer en France. Elle les suit, bien sûr. A dix-sept ans, elle manque de mourir, écrasée par un camion. Marina est faite de blessures, de failles successives. La lune en plein jour est le récit de ces fractures, et du long travail qu’il a fallu pour les réduire, « du temps qu’il faut pour saisir l’enchevêtrement des mondes », et pour patiemment, merveilleusement, se reconstruire.

Il faut aller voir ce spectacle, et faire avec Marina Tomé l’extraordinaire et magnifique voyage dans lequel elle vous embarque à travers son existence et celles des femmes de sa lignée. C’est profond, cocasse, émouvant, baroque, ça vous emmène loin et haut, et vous en sortez heureux, réconcilié avec le monde, le cœur en joie, le mot merci à la bouche, et de la vie plein les poumons.

Qu’on se le dise !

 

La lune en plein jour, Théâtre de la Huchette, tous les lundis à 20h du 13 janvier au 6 avril. Mise en scène Anouche Setbon.
Résas: http://bit.ly/billetslune ou par téléphone 01 43 26 38 99

* Marina préfère dire autrice, parce que ça rime avec actrice : nous verrons ce qui l’emporte à l’usage ;-).
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