des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Refrains & Couplets

J’ai reçu naguère plusieurs témoignages autour d’Il pleut au paradis, et j’en reçois encore de temps en temps. C’est une chanson à part. Ceux qui l’aiment la passent en boucle, en lui trouvant des vertus méditatives ou apaisantes que je n’avais pas entrevues en la composant.

Une jeune maman m’a dit un jour que son écoute était la seule chose qui calmait son bébé malade. Un homme qui avait la phobie de l’avion m’a confié que s’il l’avait dans son casque audio pendant le vol, son angoisse disparaissait. Un autre, qu’il l’avait écoutée des dizaines de fois sans jamais parvenir à suivre jusqu’au bout les paroles, parce que son esprit se laissait toujours prendre par quelque rêverie, avant la fin. Et puis il y a les personnes pour lesquelles elle fait songer à l’au-delà. C’est l’évocation du paradis, bien sûr, et la façon vaguement irréelle dont je pose le décor, mais aussi le fait qu’il est question de ce qui s’en va, et de « ceux qui restent ».

Il se crée parfois un décalage mystérieux entre ce qui est dit et ce que l’on entend. En vérité j’avais écrit « ce qui reste », mais comme le dit Montaigne, « la parole est moitié à celui qui parle et moitié à celui qui écoute », et au bout du compte (ou du conte…) c’est bien celui qui écoute qui décide du sens à donner.

Le 29 de ce mois de mai, à Montpellier, seront célébrés avec le faste et la solennité requises les quinze ans du Diable Vauvert, la maison d’édition de Marion Mazauric.

INVIT ADV_15ans_concert litteraire lightA cette occasion, un concert dit littéraire (ce qui suffit à en faire un concert exceptionnel) sera donné au Rockstore de Montpellier, où l’on pourra entendre Les Garçons Manqués, Oxmo Puccino, et moi-même. Tous ceux qui en feront la demande (stagiaire@audiable.com) auront droit à une invitation, dans la limite des places disponibles.

Les festivités ne se cantonnent évidemment pas à la musique. Je joins ci-dessous le programme complet.

Qu’on se le dise !

Flyer Prog ADV 15ans CDL

C’est un cadeau inattendu, et pour tout dire extrêmement émouvant. Daniela Mastrandrea, une jeune compositrice et pianiste italienne, dont nous avons fait la connaissance le mois dernier à Bari, nous a offert un morceau pour piano et violoncelle qu’elle a écrit à notre intention. Il porte nos noms, Claudine et Jean-Pierre, et la jolie indication danzante.

Je suis passé voir mes parents en sortant d’une répétition. Comme j’avais ma guitare avec moi, nous nous sommes lancés dans quelques classiques de la chanson française. Papa s’est précipité sur son ordinateur pour trouver les versions originales, Maman s’est concentrée du mieux qu’elle a pu pour retenir les paroles de Plaisir d’amour et de Syracuse, qui, à peine dites, lui échappaient.

Vivre de son chant, c’est vivre de la générosité d’autrui. C’est faire confiance à l’autre, à la providence, à son étoile. C’est s’abandonner au présent. Ne pas se soucier du lendemain, ne pas thésauriser. Etre libre, léger, vulnérable.
« Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. » Matthieu 6:26
J’ajouterai : ils chantent.
Ceux qui aiment donneront.

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L’industrie musicale cherche à transformer le chant en travail. Elle veut lui donner une valeur marchande et l’inscrire dans un circuit commercial. Ce faisant, elle le dénature, elle le pervertit. Le chant a quelque chose de libre et de gratuit. Il relève de la charité ou du mécénat.

Bien sûr qu’un artiste travaille. Bien sûr qu’il cultive son talent. Bien sûr que cela demande du temps, de l’effort, du courage. Mais c’est une erreur de confondre cela avec un labeur ordinaire. Chanter est un don que l’on fait au monde et à soi-même. Ce don, peut-être, appelle un contre-don. Au fond, la vraie manière de chanter serait celle des chanteurs des rues : on se produit quelque part et on passe le chapeau. « A vot’ bon cœur messieurs-dames ! » A votre bon cœur… S’il s’agissait, en fin de compte, de réveiller la bonté que celui qui écoute a en soi ?

Qu’on y parvienne, et l’on reçoit une pièce. Sinon, la fourmi vous envoie danser.


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