des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Poursuivant mon exploration de la notion d’otium, que j’ai déjà abordée plusieurs fois, et le faisant tranquillement (“per otium” eût-on dit justement en latin), je suis retourné consulter le Gaffiot (le Gaffiot et le Bailly sont les deux mamelles des petits étymologistes tels que moi. Le Gaffiot est en ligne, et c’est formidable, même si cela ne permet plus d’en faire certaines utilisations).

On y remarque que le mot otium a pour dérivé l’adjectif otiosus, qui veut dire oisif, bien sûr, mais plus particulièrement « qui n’est pas pris par les affaires », qui s’en tient à l’écart, et qui donc est libre de son temps. C’est ainsi que le Gaffiot traduit la locution de Cicéron quoniam sumus otiosi (littéralement : puisque nous sommes oisifs) par : « puisque nous avons le temps ».

Voici la clé : l’oisif est celui qui a le temps.

Et comme l’oisif a le temps (pas simplement du temps : le temps), il l’emploie à ce qui lui plaît : à jouer, à étudier, à chanter, ou comme le sage de La Bruyère à « méditer, parler, lire et être tranquille ». En Occident, on n’aime pas cette idée, et la plupart des gens hausseront les épaules et vous diront que le temps, en réalité, l’oisif le perd, qu’il ferait mieux de travailler. Mais c’est le contraire qui est vrai. Le drame des hommes est de ne pas accepter de comprendre ce que le grand Cervantès, le père de Don Quichotte, a pourtant parfaitement exprimé : « l’homme qui travaille perd un temps précieux ».

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