des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

L’évocation récente de la bataille de Lépante m’a mis sur la piste de Miguel de Cervantès. L’auteur de Don Quichotte y combattit. Il fit partie des innombrables blessés et y perdit l’usage de la main gauche, « pour la gloire de la droite » dira-t-il.

Je me suis donc replongé dans Don Quichotte. La préface en est certainement l’un des passages les plus savoureux.  Cervantès s’y décrit lui-même en train d’essayer de l’écrire, dans cette attitude que les gens de plume à la recherche d’inspiration ne connaissent que trop bien :
« j’étais indécis, le papier devant moi, la plume sur l’oreille, le coude sur la table et la main sur la joue, pensant à ce que j’allais dire… »

A l’époque il était d’usage qu’un auteur fasse précéder un ouvrage de toutes sortes d’épigrammes, d’éloges et de citations, empruntés soit à d’illustres prédécesseurs, soit à de nobles contemporains, moins talentueux sans doute, mais dont il était convenable de rechercher la protection. Ce que notre ami trouve assommant et inutile, «parce que je suis naturellement paresseux d’aller à la quête d’auteurs qui disent pour moi ce que je sais bien dire sans eux ».

S’ensuit une éblouissante dissertation sur le pédantisme et l’art et la manière de faire semblant d’être érudit, à la lecture de laquelle je vous renvoie, et dont je confesse m’inspirer parfois dans la tenue de ce blog.

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