des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

ronde-de-nuit-et-smartphonesPhoto Gijsbert van der Wal

Chacun voit ce qu’il veut, ou ce qu’il craint.

La photo de ces élèves au Rijksmuseum d’Amsterdam, tournant le dos à La ronde de nuit de Rembrandt pour se plonger dans leurs smartphones, est devenue le symbole d’une génération que la technologie couperait sans rémission du réel. Elle a tourné sur les réseaux comme une illustration de la fracture entre la génération numérique et celles qui l’ont précédée.

Certains rapportent cependant que ces jeunes gens étaient en réalité en train de faire une recherche en ligne sur Rembrandt à la demande de leur professeur. (Rappelons-nous : du temps que l’on visitait les musées muni d’un guide, bleu ou vert, les gens fourraient souvent leur nez dans leur livre devant un tableau.)

Mais ça ne fait rien. L’image est là, qui témoigne trop bien de ce que nous redoutons que notre époque devienne, ou soit déjà. Nous y lisons une mutation, que nous présupposons forcément monstrueuse. Nous y voyons une image banale et terrifiante du Frankenstein social auquel nous croyons que nous avons donné vie.

 

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