mais qui est arbon ?

« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »


Le temps bousculait les évidences
Les piliers s’exerçaient à la danse
Les statues du temple s’animaient
Les flammes des bougies odorantes
Crépitaient leurs lueurs enivrantes
La nuit vint et nos têtes tournaient

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Brusquement de ces murs séculaires
Surgit un Kama-Soutra de pierre
Des sexes de grès ou de granit
Se plantaient dans des vulves ouvertes
Voluptés minérales offertes
Aux âmes dressées vers leur zénith

                                    
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Hier, c’était une méditation sur la mort. (A ce propos, je recommande à tous l’extraordinaire version des Sept dernières paroles du Christ de Haydn, que Michel Serres a enregistrée en 2006 avec le quatuor Ysaye).

Mais aujourd’hui, c’est Pâques. On chante, on danse, on se réjouit ! On aime la vie !

 

Faut-il-croire-les-mimes-sur-parole-.gif Vous-avez-le-droit-d--tre-de-mauvaise-humeur.gifCéline Robinet, c’est une sacrée fille. Vive, décapante, libre. Auteure, slameuse (sous le pseudo de Kacosonia) et traductrice, elle vit de sa plume à Berlin.

Son premier recueil de nouvelles: “Vous avez le droit d’être de mauvaise humeur, mais prévenez les autres!” a été publié au Diable Vauvert en 2005. Du second, “Faut-il croire les mimes sur parole ? “, Amélie Nothomb vient d’écrire :

« Un livre fabuleux : j’ai lu Faut-il croire les mimes sur parole ? avec bonheur et hilarité. Dommage qu’il n’y ait pas eu à côté de moi un cléptophone pour capturer les bruits de mes rires, grincements, étonnements sonores et autres vrombissements de jubilation. »

Voici un extrait du premier:

« J’habite près de l’Alexander Platz. La plus grande place de Berlin-Est. Juste à côté de la gare. Tellement près que les annonces des trains couvrent le bruit de ma télévision. J’ai été très étonnée la première fois que j’ai entendu le présentateur du journal de 20 heures gueuler : “En voiture s’il vous plaît!” Je n’ose plus rien faire. Quand je suis devant le frigo, je dois faire “attention à la fermeture automatique des portières!”. Chaque fois que j’allume une clope, on me rappelle qu’il est interdit de fumer. En plus avec le plan Vigipirate, je suis obligée de jeter mes mégots sous le tapis du salon. Parfois j’ai l’impression que quelqu’un se fout de ma gueule…
Et s’il n’y avait que les annonce du personnel de gare! Mais il y a aussi les trains et l’équipement du TGV, du RER, et puis le métro aérien, le tramway. Ça grince, ça vrombit, ça crie la ferraille. Sur la route à quatre voies, les voitures, les bus, les camions passent iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinlassablement devant ma fenêtre. Pour rendre à l’avenir cette route encore plus fréquentable, une armée d’ouvriers manie des marteaux-piqueurs directement devant la porte de mon immeuble. DES MA.A.ARTO.O PI.I.IQUEU. EU. EURS! Mon appartement vibre toute la journée. Je n’en dors plus de la nuit. Je suis tellement fatiguée que je pourrais me servir de mes cernes comme soutien-gorge. »

Pour en savoir plus sur Celine: www.celinerobinet.com et www.myspace.com/kacosonia

Pour présenter Marion, je laisse la parole à Thomas Clément, on peut difficilement être plus efficace :

marion-copie-1.jpgMarion Mazauric est à l’édition ce que Jimi Hendrix est à la Fender Stratocaster (pour les très nuls : sa guitare). 
Après une brève trajectoire qui l’a conduite d’Actes Sud à Marseille, elle est devenue en 1987 adjointe du directeur littéraire de J’ai lu, puis directrice littéraire en 1996. Après 13 ans de va-et-vient entre Paris et Nîmes, elle a décidé de rentrer chez elle pour créer Le Diable Vauvert, sa maison d’édition à elle toute seule et à ses associés. Le succès arrive très vite, notamment grâce à la découverte de  Nicolas Rey qui obtient le prix de Flore en 2000 pour son roman Mémoire Courte. Qualifiée par la presse parisienne d’intrépide, de trublion, de turbulente, voire de guerrière aux cheveux gris acier, Marion Mazauric est facilement repérable parmi les clones germanopratins, c’est la seule qui est enthousiaste quand elle parle de ses auteurs !

http://clement.blogs.com/thomas_clment/2005/12/comment_jai_sig.html

C’est tellement vrai, cet enthousiasme pour ses auteurs, qu’elle a invité Céline Robinet à partager la scène de l’Essaion avec elle et moi mercredi prochain. Et Céline aussi, c’est quelqu’un…

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C’est la chanson préférée de mon père. C’est chantée par lui que je l’aime. Elle date de 1939, et quand je l’entendais la chanter, je pensais que ce Paradis perdu c’était celui de l’avant-guerre, de son enfance, de tout un monde que le temps et la folie des hommes avaient vaillamment englouti. Et puis j’ai fixé cette image de Papa chantant, et je me suis dit que le Paradis perdu, un jour, ce serait ce moment même que nous étions en train de vivre, Papa, chantant cette chanson, un dimanche matin, dans la bonne humeur d’un foyer heureux et paisible.

Papa va sur ses 87 ans, il chante toujours. « Le cœur cherche sans cesse / l’écho de sa jeunesse ». Je sais que quand il partira, c’est aussi sur cette chanson que je pleurerai.

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Légèreté et détachement.

Je goûte la douceur bienheureuse de celui qui renonce spontanément à changer le monde. Qui y accepte sa place sans envier celle des autres. Qui sait qu’il a la chance que cette place soit bonne, et que la vie est brève. Qui est conscient de son privilège de ne connaître ni la guerre, ni la douleur, ni la pauvreté. Et qui s’efforce non seulement de ne pas détruire, mais de respecter ce cadeau que la providence lui a fait.

Il y a cette phrase magnifique d’un moine zen nommé Ryokan, cité par Denis Grozdanovitch dans son Petit traité de désinvolture:
“Au printemps, dans les allées aux cent fleurs, je joue à la balle. Si un passant m’interroge, je réponds: — Je suis un homme oisif qui vit à une époque de paix”.
La paix ne durera peut-être pas. Voilà pourquoi je chante.

Je suis un pessimiste heureux.

 

Nous nous apprêtions dimanche à tenir une table ronde sur « Comment chanter la poésie ? », lorsque le Salon du Livre fut intégralement évacué vers 17h15. Les hauts parleurs évoquaient la nécessité d’un «contrôle technique», tout le monde a compris qu’il s’agissait d’une alerte à la bombe, et tout le monde est sorti tranquillement.

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Comment chanter la poésie ? Entre deux alertes.

Le vermisseau !
Car qui se réjouit des émissions de CO2, CH4, NO2, etc. ? Les insectes, que le réchauffement climatique incite à une activité reproductrice euphorique. Plus précisément, le nombre de générations d’insectes susceptibles de voir le jour en une année augmente. On appelle cela le voltinisme. D’une ou deux générations par an, on est passé pour bon nombre d’espèces à trois, voire quatre… Cela fait que les larves prolifèrent. Le vermisseau abonde. J’en ai fait une chanson.

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Ah ! La cigale de La Fontaine ne risquerait plus aujourd’hui de crier famine. (A la vérité, les cigales ne se sont jamais nourries de vermisseaux, mais c’est une autre histoire…)


Elle nous fit un sourire étrange
Qui tenait de la bête et de l’ange
Et sans cesser de jouer nous mena
A l’orée d’un temple poussiéreux
A l’ombre d’un vieux banian noueux
Où croit-on avait dormi Krishna

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Puis soudain elle disparut
Entre deux apsaras aux seins nus
Qui gardaient la porte du sanctuaire
Un saddhu nous fit signe d’entrer
Dont les os paraissaient murmurer
Tout est simple mais tout est mystère

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J’étais invité tout à l’heure à bloguer en direct du Salon du livre, dans l’espace « lectures de demain ». Je ne doute pas que mes amis les gens du livre sachent ce qu’est un blog. En revanche, ils semblent ignorer comment des mots et des images apparaissent sur un écran, puisque je me suis retrouvé face à une table nue : sans ordinateur, sans connexion (et accessoirement : sans siège), mais avec un beau panneau : « Je blogue, tu blogues, nous bloguons », que j’aurais volontiers rectifié en « J’aurais pu bloguer », mais il n’y avait pas non plus de stylo.

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Je suis invité dimanche 16 mars, sur ce même salon du livre, à participer à une table ronde sur le thème «Comment chanter la poésie», sur le stand du Ministère de l’Education nationale, de 17h30 à 19h. Peut-être n’y aura-t-il ni chant, ni poésie…

Prochains spectacles

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