mais qui est arbon ?

« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

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Légèreté et détachement.

Je goûte la douceur bienheureuse de celui qui renonce spontanément à changer le monde. Qui y accepte sa place sans envier celle des autres. Qui sait qu’il a la chance que cette place soit bonne, et que la vie est brève. Qui est conscient de son privilège de ne connaître ni la guerre, ni la douleur, ni la pauvreté. Et qui s’efforce non seulement de ne pas détruire, mais de respecter ce cadeau que la providence lui a fait.

Il y a cette phrase magnifique d’un moine zen nommé Ryokan, cité par Denis Grozdanovitch dans son Petit traité de désinvolture:
“Au printemps, dans les allées aux cent fleurs, je joue à la balle. Si un passant m’interroge, je réponds: — Je suis un homme oisif qui vit à une époque de paix”.
La paix ne durera peut-être pas. Voilà pourquoi je chante.

Je suis un pessimiste heureux.

 

Nous nous apprêtions dimanche à tenir une table ronde sur « Comment chanter la poésie ? », lorsque le Salon du Livre fut intégralement évacué vers 17h15. Les hauts parleurs évoquaient la nécessité d’un «contrôle technique», tout le monde a compris qu’il s’agissait d’une alerte à la bombe, et tout le monde est sorti tranquillement.

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Comment chanter la poésie ? Entre deux alertes.

Le vermisseau !
Car qui se réjouit des émissions de CO2, CH4, NO2, etc. ? Les insectes, que le réchauffement climatique incite à une activité reproductrice euphorique. Plus précisément, le nombre de générations d’insectes susceptibles de voir le jour en une année augmente. On appelle cela le voltinisme. D’une ou deux générations par an, on est passé pour bon nombre d’espèces à trois, voire quatre… Cela fait que les larves prolifèrent. Le vermisseau abonde. J’en ai fait une chanson.

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Ah ! La cigale de La Fontaine ne risquerait plus aujourd’hui de crier famine. (A la vérité, les cigales ne se sont jamais nourries de vermisseaux, mais c’est une autre histoire…)


Elle nous fit un sourire étrange
Qui tenait de la bête et de l’ange
Et sans cesser de jouer nous mena
A l’orée d’un temple poussiéreux
A l’ombre d’un vieux banian noueux
Où croit-on avait dormi Krishna

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Puis soudain elle disparut
Entre deux apsaras aux seins nus
Qui gardaient la porte du sanctuaire
Un saddhu nous fit signe d’entrer
Dont les os paraissaient murmurer
Tout est simple mais tout est mystère

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J’étais invité tout à l’heure à bloguer en direct du Salon du livre, dans l’espace « lectures de demain ». Je ne doute pas que mes amis les gens du livre sachent ce qu’est un blog. En revanche, ils semblent ignorer comment des mots et des images apparaissent sur un écran, puisque je me suis retrouvé face à une table nue : sans ordinateur, sans connexion (et accessoirement : sans siège), mais avec un beau panneau : « Je blogue, tu blogues, nous bloguons », que j’aurais volontiers rectifié en « J’aurais pu bloguer », mais il n’y avait pas non plus de stylo.

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Je suis invité dimanche 16 mars, sur ce même salon du livre, à participer à une table ronde sur le thème «Comment chanter la poésie», sur le stand du Ministère de l’Education nationale, de 17h30 à 19h. Peut-être n’y aura-t-il ni chant, ni poésie…

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Sur la play-list impossible d’Arbon  figure ce véritable classique du “Fou Chantant”.
Mais cette chanson est tout sauf folle! Paradoxe?  Vision tronquée?
Quelle place exactement occupe Trenet au Pantheon Musical d’Arbon?

Trenet, je le place très haut, dans le Top 5 (cf ma chanson “J’aime bien“).
A bien des égards c’est le plus grand: c’est le premier des modernes, c’est le plus prolifique (mais voilà le problème avec les prolifiques: beaucoup de choses ne sont pas bonnes), c’est celui qui a le plus fort rayonnement international (en tant qu’auteur compositeur).

“Que reste-t-il de nos amours” est sans doute sa plus belle chanson.
C’est peut-être la plus belle chanson française jamais écrite.
Le public, d’après ce que j’ai lu, place “la Mer” au-dessus.
Pas moi (et d’assez loin d’ailleurs).

Des paroles irradiant le charme universel de la nostalgie (bonheurs fanés / cheveux au vent / baisers volés / rêves mouvants), l’évocation de l’enfance et d’une France secrète et douce (un p’tit village / un vieux clocher / un paysage / si bien caché), et une mélodie incroyable, qui est devenue un standard chanté par les plus grands (I wish you love: Shirley Bassey, Frank Sinatra, Bing Crosby, Marlene Dietrich).

On peut mourir après avoir écrit ça…

« Je me souviens de crépuscules où, debout sur le pont, le sextant à la main, j’attendais qu’une étoile s’allume pour faire le point. Il m’arrivait alors de plonger, de changer mon regard attentif en celui de la mer elle-même, dont l’œil unique, abîme sphérique vert, contemple, extatique en ses larmes amères, l’absence bleue de Dieu »

Michel Serres


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Vous êtes nombreux à m’avoir demandé, à l’issue de la soirée de mercredi 12 dont vous êtes apparemment sortis heureux, les références des textes que Michel Serres a lus en scène. Les voici:
1. “J’ai habité la mer” in l’Art des Ponts, p 140-141 (Le Pommier)
2. “Clameur d’amour” in Nouvelles du Monde,  p 61 à 63 (Flammarion)
3. “Quitter le repas de la vie“: in Le Parasite (Grasset)
4. “Le Ravi” in Statues, p 243 à 245 (François Bourin Editeur)

J’aurais aimé être astronome. Le ciel m’a toujours fait rêver. C’est écrasant et merveilleux de s’allonger sur une plage ou dans l’herbe une nuit d’été, de regarder les étoiles, de penser à ces forces incroyables qui se déchaînent partout dans l’univers et nous parviennent sous forme de petits points paisibles dans le silence.

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Le silence ? Pas forcément. Pas à l’oreille des poètes, qui vont non seulement entendre le son des étoiles, mais leurs mots. Ce qu’elles nous disent.
L’étoile et la fourmi
C’est un romancier et poète anglais, Thomas Hardy, qui a eu l’idée de cette étrange conversation avec une étoile. J’ai inventé les deux autres, une nuit où je ne dormais pas.

thomas-hardy.jpgT. Hardy 1840-1928

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Quand j’étais petit

J’ai fait le plein d’amour

J’ai eu de la chance


Yolaine de la Bigne
est entrée dans ma vie comme dans celle de tant d’autres personnes sous la forme d’une voix de radio, féminine, drôle et impertinente. Quand c’était l’heure de « Quelle époque épique », j’arrêtais ce que j’étais en train de faire, pour écouter vraiment. Sa voix, c’était un sourire sonore, intelligent, pétillant, sensuel et amical.

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Plus tard, grâce à Claudine ma femme, j’ai eu la chance de la rencontrer et devenir son ami. Je relevais de maladie, elle nous accueillit chez elle en Bretagne, au milieu de ses chiens, ses chevaux, ses canards et ses paons. Notre chambre, aux murs couleur vieux parme, sous les toits et dans la verdure, possédait un lit d’où l’on n’avait pas envie de sortir, un petit bureau en bois merveilleux, où j’ai passé des heures à écrire, et une salle de bains munie d’une baignoire à l’ancienne sur laquelle veillait, grandeur nature, une statue de Sainte Thérèse de Lisieux.

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