des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

La semaine dernière, au palmarès des milliardaires, Elon Musk a détrôné Jeff Bezos. Bezos, j’ai déjà raconté notre chantante et sympathique rencontre. Ça m’amusait de savoir que je connaissais l’homme le plus riche du monde. Pour le moment, c’est fini. Elon Musk, je ne le connais pas.

Je connais en revanche celui à qui il doit en bonne partie sa fortune : Martin Eberhard, le fondateur de Tesla, la société dont Musk possède un peu plus de 20% des actions.

Martin est un « serial entrepreneur ». Nous avons fait connaissance du temps de 00h00.com. Il était alors l’inventeur de la première « tablette », qu’il avait nommée eBook, et avait le look d’un ingénieur californien typique : barbe, chemise hawaïenne, grand sourire. Il était venu à Paris à l’invitation de Bruno pour le salon du livre de l’an 2000. A cette époque, tous les grands groupes français (Lagardère, Vivendi, la FNAC, Arnault, France-Télécom) voulaient racheter 00h00. Bruno et moi, nous penchions plutôt pour un Américain tel que lui : nous éditions les contenus, lui fournissait la meilleure technologie pour les lire. Nous l’avons invité à dîner pour en parler.

Il estima qu’en effet cela aurait du sens. « Mais, ajouta-t-il, ce n’est plus moi qui décide. J’ai vendu ma société il y a un mois à un groupe qui s’appelle Gemstar. Et n’allez pas perdre votre temps à discuter avec mon concurrent Softbook : ils ont été rachetés aussi, par le même groupe, le même jour. »

Quand nous sommes sortis du restaurant, il faisait bon. Martin ne connaissait pas Paris. Nous avons décidé de le raccompagner à son hôtel en marchant. Tout en continuant à discuter des perspectives de l’édition en ligne, nous avons traversé la Seine au Pont Royal. — It looks like a big post office, a-t-il dit en découvrant le Louvre. — First time I hear that, ai-je répondu, but if you say so

Il rattrapa cette faute de goût en suggérant que le rapprochement que nous étions en train d’imaginer se fasse au sein de Gemstar, et proposa de nous servir d’intermédiaire auprès d’Henry Yuen, son patron. Trois semaines plus tard, nous nous retrouvions tous les trois dans les locaux de Gemstar, à Pasadena (Californie). Henry Yuen nous écouta pendant quatre heures, à l’issue desquelles il décida d’ajouter 00h00 à la liste de ses acquisitions.

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