des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Jeff Bezos, le patron d’Amazon, est à Paris pour le e-G8.

Je l’ai rencontré il y a onze ans. C’était pour l’ouverture de la filiale française d’Amazon. Une grande soirée était donnée sur plusieurs péniches amarrées devant la Bibliothèque Nationale de France. Tout le gratin de la “net économie” de l’époque était là. J’en faisais partie. Une longue file s’était formée pour saluer, devant caméras et journalistes, celui que Time magazine avait élu quelques mois auparavant personnalité de l’Année.

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Quand arriva mon tour, on me présenta à lui comme le fondateur de 00h00.com. Mais je n’avais aucune envie de lui parler d’édition en ligne. Je lui dis que je venais d’écrire une comédie musicale nommée Web Love Story, dont il avait inspiré le personnage principal. Je vis son regard gagner en intérêt et en concentration. – Comment ? Une comédie musicale ? Pour Broadway ? – Oui.

Je lui parle très vite du sujet, et de Don Pesos, le dieu du Commerce, dont il a fourni le modèle. Assez estomaqué, il me dit: – Can you sing ? J’essaie de me défiler. Trop de gens qui s’impatientent derrière, trop de monde autour de nous, pas d’instrument pour m’accompagner (et à l’époque, je n’étais pas encore officiellement chanteur). Il insiste : – Come on ! It’s a party ! Sing, please…

Alors je chante, le grand air de Don Pesos, et de sa boutique numérique qui ne s’intitulait pas Amazon mais Riogrande.com. Deux minutes trente, in extenso. A la fin, les yeux écarquillés, la bouche ouverte, il reste un instant silencieux, puis s’écrie : – It’s great ! It’s brilliant ! Et tout en me prenant par l’épaule, il sort de son veston un petit appareil photo, le donne à un de ses assistants, et lui dit : – Now, I want you to take a picture of me with a guy who is crazier than I am ( Je voudrais que tu me prennes en photo avec un type qui est encore plus barré que moi ).

A côté de moi, Claudine, dont je venais de faire la connaissance quelques semaines plus tôt, m’avait encouragé de ses sourires. C’est à ce moment-là je crois que Cupidon, qui avait déjà vidé sur nous une bonne partie de son carquois, nous décocha sa plus puissante flèche.

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