Les nouveaux carnets

Désir de jonque

« Oncques elle n’eut de souhait impossible. Elle n’eut aucun rêve de lune, aucun désir de jonque l’emportant sans rameur sur un fleuve inconnu »*. C’est une belle trouvaille, ce désir de jonque, pour dire les rêves d’aventure, d’exotisme, le frisson du danger et de l’inconnu. J’y retrouve des sensations de pré-adolescence, lorsque dans mon […]

Désir de jonque Lire la suite »

Aneries

« Plus les âneries sont énoncées, plus elles perdent de leur crédit », affirme le personnage d’un roman* que je suis en train de lire. Première nouvelle. On voit qu’il s’agit d’une fiction, car ce n’est pas du tout l’impression que j’ai, vu de ma fenêtre. A l’inverse, j’observe que les âneries ont aujourd’hui libre

Aneries Lire la suite »

Le sens du titre

Quand Heinrich Böll écrivit l’histoire du pêcheur dont je me suis inspiré pour Kodjo, il lui donna un titre auquel seul un Allemand pouvait penser : « Anekdote zur Senkung der Arbeitsmoral » (Anecdote sur l’affaiblissement de la conscience professionnelle). Ce n’est pas celui que j’aurais choisi, mais chaque peuple a ses inclinations : les

Le sens du titre Lire la suite »

Souhait

Voilà une personne qui me connaît bien. Constatant que les années filent comme le vent, elle forme le souhait que celle que j’inaugure soit semblable à celles qui l’ont précédée, « avec autant d’amour et de douceurs et de lectures et d’écritures et de rencontres et de rêveries… comme tu les aimes ». C’est exactement

Souhait Lire la suite »

Faire

Les gens s’ennuient quand ils n’ont durablement rien à faire, c’est-à-dire quand ils ne sont pas soumis à des obligations. Ils s’en créent donc. Faire des courses, faire le ménage, faire leurs comptes, faire des voyages. Faire, faire, tout plutôt que de ne rien faire. Même l’amour est à faire, quand ne rien faire est

Faire Lire la suite »

Un cœur vide

Encore un mot sur Pyrrhus et Cinéas qui avaient fait déjà couler beaucoup d’encre, avant celle de Madame de Beauvoir : Boileau en parle dans une de ses épîtres, il paraphrase Plutarque en alexandrins. Quant à Pascal, il énonce dans ses Pensées ce constat lapidaire : « Pyrrhus ne pouvait être heureux ni avant ni après

Un cœur vide Lire la suite »