Jean-Pierre Arbon

Chercher dans la répétition

Faire. Recommencer. Recommencer encore. Oser un geste. Creuser un sillon. Le rectifier. L’approfondir. Creuser un autre sillon à côté. L’améliorer. Viser le sillon parfait. Revenir. Retoucher. Reprendre. Chercher. Chercher quelque chose qu’on ne connait pas. Approcher cette chose, l’élaborer sans cesse, la faire émerger d’un lieu où l’on ne la voit pas, où l’on ne […]

Chercher dans la répétition Lire la suite »

F. contre C.

Un homme politique, dont le nom commence par F., ayant exercé les plus hautes responsabilités en tant que premier et plus important des ministres, et qui était demeuré confiant, ingénument, en son étoile et son avenir, voit ses desseins contrariés par un autre homme politique, dont le nom commence par C., plus jeune, plus ambitieux encore, sans

F. contre C. Lire la suite »

Quelque coin des Indes

Je suis viscéralement attaché à l’idée que je suis libre de mes mouvements. La liberté d’aller et de venir m’importe plus encore peut-être que celle de pouvoir m’exprimer librement. Il n’y aurait sans doute rien de plus insupportable pour moi qu’un séjour en prison, ou qu’une assignation à résidence. J’éprouve une sensation d’étouffement rien que

Quelque coin des Indes Lire la suite »

Chez l’italien

Au restaurant italien, avec des amis. Le diner est excellent. L’un des convives veut complimenter le chef, il l’appelle, loue publiquement la qualité de sa cuisine, fait un petit numéro sur la fraîcheur des ingrédients, l’excellence de la cuisson, la délicatesse de la présentation, et finit par lui dire : – En bref, cher Monsieur,

Chez l’italien Lire la suite »

Nuit de noces

Occasionnellement, les amoureux peuvent se montrer grivois. Le grand-père d’un de mes amis se vantait d’avoir, le soir de ses noces, crié à sa jeune épouse : – Vite, vite, chérie, mets-toi sous les draps, il y a une énorme araignée au plafond !, avant de lâcher un pet magistral une fois la jeune femme réfugiée au fond du lit.

Nuit de noces Lire la suite »

Au marché

Je suis au marché. Il pleut. J’avance entre les étals en tirant mon cabas. Il y a du monde, on circule mal, et je me trouve derrière un couple qui marche de front, en grande discussion, ses deux parapluies ouverts, et que je ne parviens pas à dépasser. Leur gestuelle, même vu de dos, est explicite : on voit

Au marché Lire la suite »

Les marrons de Richepin

Jean Richepin (1849-1926) était un poète qui, dans ses jeunes années, n’aimait rien tant que de scandaliser le bourgeois, et qui y réussit fort bien. Reçu brillamment à l’Ecole Normale Supérieure, il en fut exclu peu après (fait extrêmement rare) pour une raison inconnue. On raconte qu’il installa alors rue d’Ulm, face à l’entrée de l’école, une

Les marrons de Richepin Lire la suite »

Sur la marge

Je reste soixante-douze heures dans le fond de mon lit, et je vois avec acuité ce que je sais depuis toujours : le monde tourne parfaitement sans moi. Parfaitement n’est sans doute pas le bon mot. Disons qu’il tourne exactement de la même façon, aussi implacable et aussi futile, sans être aucunement perturbé par mon

Sur la marge Lire la suite »

Chien adoptif

On dit qu’on adopte un animal. C’est en réalité l’inverse. C’est l’animal qui vous adopte. Ce chien appartient à nos voisins à Amou. Ils en ont deux autres que je vois à peine, alors que celui-ci pointe son nez dès que je sors de la maison. Nous avons un goût commun pour les promenades dans

Chien adoptif Lire la suite »