Jean-Pierre Arbon

Juin

On arrive au moins de juin, les journées sont longues, et chaque année, à peu près à cette époque, je prends conscience de leur durée avec un étonnement soudain. Je me fais la réflexion que je ne les ai pas vues vraiment s’allonger au fil des derniers mois, alors qu’en revanche je sais qu’elles ne […]

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Oedipe débridé

​Dans sa relation avec moi, Maman traverse, à quatre-vingt douze ans, une phase œdipienne débridée, quoiqu’à rebours. — Je t’aime, Jean-Pierre, me dit-elle l’autre jour. — Moi aussi, Maman. — Mais on est trop vieux ! — C’est vrai, pour moi aussi, les années s’accumulent… Mais pourquoi dis-tu ça ? — Eh bien, parce que c’est dommage, tu

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Genévrier cade

Au cours de nos promenades cycladiques, j’avais remarqué ces arbres rablés, piquants, secs, rudes, dont le tronc semblait avec l’âge se rider comme un vieil éléphant. Je m’étais mis en tête de trouver leur nom sur Internet, et j’avais cherché longuement, mais en vain. Alors à la promenade suivante, j’ai interrogé un indigène. Il m’a

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Despotiko

Despotiko, que les Anciens nommaient Prepesinthos, est une petite île de l’archipel des Cyclades qui, malgré son aspect accueillant, est inhabitée. Elle était pourtant peuplée dès le troisième millénaire avant JC, et un temple d’Apollon y avait été érigé vers le VIè siècle avant notre ère, dont les restes ont été récemment mis à jour.

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Neurones poussiéreux

​Il disait, pour expliquer la baisse de ses performances intellectuelles, qu’il avait les neurones « poussiéreux ». Quand j’entendais cela, deux images me venaient à l’esprit. La première suggérait que son cerveau se comportait désormais comme un moteur dont le filtre à air endommagé laissait passer du sable, des débris, des insectes, qui s’incrustaient dans ses synapses,

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