« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Les célébrations du 14 juillet m’ont longtemps laissé indifférent. Mon penchant naturel était le même que celui de Brassens : « la musique qui marche au pas, cela ne me regard[ait] pas ». Si, dans mes jeunes années, l’on m’avait interrogé à ce sujet, je me serais probablement défini comme antimilitariste, davantage toutefois par posture ou par conformisme avec l’air du temps des années 70 que par conviction.

Est-ce le fait d’avoir épousé une femme dont la famille compte un nombre certain de militaires ? Est-ce celui, l’âge venu, d’être moins individualiste, et de me fondre plus volontiers dans le collectif national ? Toujours est-il que le défilé des troupes ne me laisse plus insensible, au point qu’hier matin, à l’heure où allait s’ouvrir dans le ciel de Neuilly le défilé aérien, je suis sorti de chez moi au prétexte de faire quelques courses, et me suis arrangé, mon cabas à la main, pour voir et complimenter l’armée française (l’armée de l’air, en tout cas).

Ce qui nous amène à la chanson « En revenant de la revue ». Il en existe différentes interprétations, entre lesquelles j’ai hésité avant de choisir celle qui illustre ce billet. Celle de Bourvil, qui est sans doute la plus connue, fait pudiquement l’impasse sur un vers à double sens (Ma sœur qui aime les pompiers / Acclame ces fiers troupiers) en substituant des lanciers aux soldats du feu. Au contraire, celle de Fred Gouin non seulement respecte les pompiers d’origine, mais remplace le diptyque « Moi, je faisais qu’admirer / Notre brave général Boulanger » par « Moi j’criais archi-fort / Vive le président Félix Faure ». Nul ne s’étonnera, parmi celles et ceux qui connaissent bien mon répertoire, que ce soit cette version que j’aie choisie.

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Pierre-Paul FOURCADE

Cher Jean-Pierre, on aime tout de votre répertoire !

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