des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Janine Arbon, 1980

C’est aujourd’hui la journée des droits de la femme, et je vais encore une fois parler de ma mère. Car j’irai tout à l’heure passer un moment avec elle, et je veux me souvenir que cette vieille personne au corps faible et à l’esprit parfois défaillant prit part autrefois à tous les combats pour l’émancipation des femmes dans les années 60 et 70. Je veux me souvenir qu’elle participa aux travaux de la commission Neuwirth qui aboutirent à l’autorisation de la pilule, puis qu’elle s’engagea aux côtés de Simone Veil au moment de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse. (Elle m’emmena d’ailleurs à l’Assemblée Nationale pour que j’assiste avec elle aux débats.)

Simone Veil, 1974

Je veux me souvenir qu’elle fut la première femme à siéger au Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens, et du combat — anecdotique mais symbolique — qu’elle mena pour imposer à ses confrères masculins l’installation dans les locaux de toilettes pour dames. Et je veux me souvenir aussi qu’elle déclina la Légion d’Honneur quand on la lui proposa : par fidélité à son père, qui au sortir de la guerre de 14 n’en avait pas voulu ; et par délicatesse envers son mari, qui ne l’avait pas encore : « Tu imagines, m’avait-elle confié en riant, si j’étais décorée avant lui, ça le rendrait malade. Il ne faudra jamais lui dire, promis ? » Promis.

Oui, en cette journée de la femme, je lui parlerai de tout ça tout à l’heure. Nous réveillerons ces moments d’histoire, grande ou intime. Une fierté légitime éclairera ses yeux.

Une réponse à Une femme de son temps

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