« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

On va publier ces jours-ci le texte d’une conférence que ma mère (86 ans aujourd’hui) a donnée il y a quelques semaines devant les membres de la section histoire du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens. Sujet : le pharmacien et le médicament dans l’oeuvre de Maupassant.

Maman a été la première femme à siéger au Conseil de l’Ordre. Elle était encore assez jeune lorsqu’elle y entra. (A l’époque, elle en dynamisa considérablement les débats, et je l’ai souvent entendue, après une séance, revenir à la maison en traitant ses vénérables confrères de “vieux croutons”). Par ailleurs, c’est une boulimique de lecture, qui a toujours eu une tendresse particulière pour Guy de Maupassant. Elle pense qu’on ne peut pas écrire de manière plus limpide. Comme Maupassant était malade (syphilis, mais pas uniquement), il campe à plusieurs reprises dans son oeuvre des personnages de pharmaciens : les recenser, décrire le contexte dans lequel ils apparaissent et analyser l’image qui leur est associée, tel a été l’objet de sa recherche.

Je suis très fier qu’elle l’ait menée à bien. Il faut voir la quantité impressionnante d’ouvrages et de documentation qu’elle a ingurgités : sur Maupassant, elle est incollable, et je ne pense pas que même parmi les universitaires les plus érudits, il s’en trouve beaucoup qui pourraient lui apprendre quelque chose qu’elle ignorerait.

Guy_de_Maupassant.jpg

Maman pense d’autre part que Maupassant  a écrit certains contes fantastiques (le Horla et d’autres) sous l’emprise des drogues qui lui étaient prescrites : selon la nature des déformations de la réalité qui apparaissent dans ses oeuvres, elle dit qu’il doit être possible de déterminer sous l’influence de quelle(s) substance(s) il se trouvait, et par conséquent de retrouver quels traitements il a suivis au fil du temps, ainsi que d’étudier comment ceux-ci ont fait évoluer son écriture. L’analyse littéraire au service de l’analyse pharmacologique, et vice versa. Cette recherche s’annonce captivante, mais elle l’effraie un peu par son ampleur. J’espère toutefois que nous reparlerons dans deux ou trois ans.

Bon anniversaire, Maman !

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Clo

Le 5 octobre dernier, Janine Arbon avouait aussi sur ce blog sa prédilection toute particulière pour Diderot : http://maisquiestarbon.over-blog.com/article-les-297-ans-de-diderot-43249374.html.
Joyeux anniversaire (bis) à cette maman qui n’a pas fini de nous étonner !

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