
Elle s’appelait Ultrogotha. Elle était l’épouse de Childéric 1er, fils de Clovis et de Sainte Clotilde, celui qui fit de Paris sa capitale. Elle était donc la reine des Francs, et fut d’une certaine manière la première Parisienne. Elle eut deux filles, prénommées Chrodoberga et Chrodescendis (si l’on en croit des documents tardifs). Ultrogotha et ses filles étaient ainsi les figures régnantes au moment de la naissance de la France. À ce titre, elles incarnent la quintessence originelle des Françaises.
Mais quels prénoms, palsambleu, quels prénoms ! Quels affreux gargouillements gutturaux, quels affronts au bon goût, quelles offenses à l’élégance, et par conséquent quelles insultes à la nation ! Appeler aujourd’hui sa fille Ultrogotha ou Chrodescendis ? Pourquoi pas Ostrogoth ou Cro-Magnon ?
Eric (ChildĂ©ric ?) Zemmour lui-mĂŞme pourrait en convenir : mĂŞme le prĂ©nom Hapsatou, qu’il n’aime pas, est moins barbare : plus doux, plus satinĂ©, plus raffinĂ©, plus prononçable.Â
(Sur le sujet, on pourra se rĂ©fĂ©rer Ă cet article de France Info et Ă la chronique de François Morel sur France Inter vendredi. On y retrouve la Marseillaise version Django Reinhardt et StĂ©phane Grappelli, et c’est une merveille.)
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Le problème soulevĂ© par E. Zemmour n’est pas seulement celui de prĂ©noms d’origine Ă©trangère mais concerne avant tout le refus d’une part importante de la communautĂ© musulmane de s’intĂ©grer dans la sociĂ©tĂ© française et, par voie de consĂ©quence, de reconnaĂ®tre les lois de la RĂ©publique. L’intelligentsia pro-gressiste au pouvoir dans les mĂ©dias fait semblant de ne pas le comprendre et parle de racisme ou “d’ostracisation” : il s’agit lĂ d’un contre-sens historique qui coĂ»tera cher Ă tous.