des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Je vous livre aujourd’hui une autre fable, peu connue, l’une des dernières : Le renard, les mouches et le hérisson. On y surprend La Fontaine en train de se copier lui-même : « ce parasite ailé / Que nous avons mouche appelé » est déjà mot pour mot ce qu’il avait écrit dans l’Ours et l’amateur des jardins.

Mais on l’y voit aussi en fin grammairien. Considérez le vers final : « Plus telles gens sont pleins, moins ils sont importuns ». Il y applique la règle insolite qui dit que le mot gens, substantif pluriel à la fois féminin et masculin (plût à Dieu que d’autres mots soient ainsi des deux genres, on éviterait d’inventer une langue illisible), veut au féminin les adjectifs qui le précèdent, et au masculin ceux qui le suivent. Nous disons en effet : les bonnes gens, ou les petites gens, et les gens courageux, ou les gens pressés.

Béranger aussi connaissait la règle, qui écrit dans l’une de ses chansons : « Nos seigneurs les Jean-fesses / Aiment à voir les bonnes gens fessés ».

2 réponses à Le renard, les mouches et le hérisson (Fables en vrac)

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