des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Je remercie infiniment tous ceux qui m’ont manifesté depuis hier leur sympathie, sur Facebook, sur mon blog, par message personnel. Cela m’a beaucoup touché. Réconfort n’est pas un vain mot.

Maman, sa fin de vie a duré sept ans. Fracture du col du fémur, puis embolie pulmonaire : six mois d’hôpital, puis dix-huit mois en EHPAD entrecoupés de trois autres hospitalisations, et enfin retour chez elle dans un appartement aménagé pour sa situation. J’ai régulièrement écrit sur elle au cours de cette dernière période. Il y eut beaucoup de tendresse, d’anecdotes cocasses, de moments d’inquiétude ou de désarroi. Mais à la vérité, toutes ces heures où nous étions ensemble au fil des semaines, nous les passions surtout en silence, assis côte à côte, main dans la main.

Pour donner cependant une idée plus juste de qui était Maman, au-delà du grand âge et de sa désarmante faiblesse, j’avais résumé l’essentiel de son parcours il y a deux ans, à l’occasion de la journée de la femme. C’est ce texte que je reproduis aujourd’hui.

 

Janine Arbon, 1980

C’est aujourd’hui la journée des droits de la femme, et je vais encore une fois parler de ma mère. Car j’irai tout à l’heure passer un moment avec elle, et je veux me souvenir que cette vieille personne au corps faible et à l’esprit parfois défaillant prit part autrefois à tous les combats pour l’émancipation des femmes dans les années 60 et 70. Je veux me souvenir qu’elle participa aux travaux de la commission Neuwirth qui aboutirent à l’autorisation de la pilule, puis qu’elle s’engagea aux côtés de Simone Veil au moment de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse. (Elle m’emmena d’ailleurs à l’Assemblée Nationale pour que j’assiste avec elle aux débats.)

Simone Veil, 1974

Je veux me souvenir qu’elle fut la première femme à siéger au Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens, et du combat — anecdotique mais symbolique — qu’elle mena pour imposer à ses confrères masculins l’installation dans les locaux de toilettes pour dames. Et je veux me souvenir aussi qu’elle déclina la Légion d’Honneur quand on la lui proposa : par fidélité à son père, qui au sortir de la guerre de 14 n’en avait pas voulu ; et par délicatesse envers son mari, qui ne l’avait pas encore : « Tu imagines, m’avait-elle confié en riant, si j’étais décorée avant lui, ça le rendrait malade. Il ne faudra jamais lui dire, promis ? » Promis.

Oui, en cette journée de la femme, je lui parlerai de tout ça tout à l’heure. Nous réveillerons ces moments d’histoire, grande ou intime. Une fierté légitime éclairera ses yeux.

7 réponses à Fin de vie, et avant

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Archives