« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

J’ai déjà fait le coup deux fois*, oserai-je le refaire une troisième ? Eh bien oui : parce que l’an 2021 commence, je vais citer à nouveau ma chanson 2012.

Cette chanson met en scène un homme qui a vécu une rupture dont il ne peut pas guérir, et qui devient un personnage maudit condamné à errer jusqu’à la fin de ses jours. En 2012, on le trouve perdu vers le détroit d’Ormuz. En 2016 il s’est égaré aux sources du Zambèze. Cinq ans plus tard (nous y voici) il divague du côté du désert abyssin.

Inutile de dire qu’à l’été 2003, quand j’en ai écrit les paroles, les années 2012, et plus encore 2021, me paraissaient bien lointaines. Mais dix-huit ans passent comme un rêve. La malédiction de l’errance était imaginaire, le voyage vers le grand âge et ses « Sibéries navrantes » ne l’est pas.

La vue qu’on a d’une année change selon qu’on est placé avant ou après elle. Claudine, commentant un jour ma chanson, avait prévu que le temps pivoterait autour des dates évoquées par le texte. Le retournement du futur en passé finirait par faire de 2012, écrivait-elle, « un point de fuite pour amants déchirés. »

 

* en 2012 (fin 2011 en réalité) et en 2016

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AGUERRE G.

Tout en écoutant cette superbe chanson j’aime à croire que la malédiction n’était pas une prophétie, qu’elle s’est évaporée subtilement, tant l’homme a retrouvé un bonheur singulier et profond. Comme ceux dont la vie est avare mais sied à ceux qui savent le reconnaître.

Bertrand de Foucauld

Magnifique chanson qui, sous la mélodie et la poésir d’Arbon, nous plonge, une fois de plus, dans le mystère de la Vie.

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