« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

On a longtemps opposé Paris et la province. Puis on a parlé de régions. Aujourd’hui, on en est aux territoires. Le terme a une connotation technocratique. Les candidats à la future élection présidentielle vont se faire un devoir d’aller à la rencontre de la « France des territoires ». Moi, j’aimais bien province. Je n’ai jamais, comme Malraux, trouver ce mot hideux.

À une échelle plus petite, on trouvait le pays, le canton, le terroir. J’ai entendu l’autre jour à Amou un ancien de quatre-vingt-dix neuf ans parler de « notre contrée » pour désigner notre coin de Chalosse. C’est un joli mot, contrée, mais qu’on n’emploie plus beaucoup en français. On l’associe presque toujours à l’épithète « lointaine » alors qu’étymologiquement, c’est la terre qui s’étend face à soi.

Notons qu’en anglais son succès est bien plus grand, country ayant fini par designer à la fois le pays (au sens de nation) et la campagne. Traduisez London is the capital city of the country par Londres est la capitale de la campagne, et le rêve d’air pur d’Alphonse Allais* se réalise sur le papier.

* « On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur. » Alphonse Allais

 

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Bruno SERIGNAT

… et c’est la “Comté” du Seigneur des Anneaux de Tolkien…

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