« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Il est d’usage dans les mariages, au moment où les nouveaux époux font leur entrée pour rejoindre la noce et partager le repas, que tous les convives se lèvent, déplient leur serviette, et la fassent tournoyer au-dessus de leur tête en criant des vivats au son d’une musique joyeuse. Le ciel se remplit tout à coup de toiles blanches. Alors mon imagination me souffle : regarde, une armée de derviches, ou d’énormes papillons, ou un essaim de fantômes, ou les tentes d’un campement de nomades, ou peut-être simplement des mouchoirs qui s’agitent en signe d’au-revoir à la fenêtre d’un soir d’été, comme s’il fallait déjà prendre congé de ce moment qui commence, comme s’il fallait savoir qu’on ne le revivra jamais, et laisser une pincée de nostalgie en rehausser la saveur avant qu’on ne le goûte.

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