« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Nouvelles chansons

Les Taupes, dont j’ai publié le texte la semaine passée, est une chanson qui date de cet été. (On peut l’écouter au bas de cet article). Je crains qu’elle ne soit pas promise à un grand avenir, car depuis sa naissance, je ne l’ai guère chantée. J’ai privilégié sa jumelle, qui d’ailleurs ne lui ressemble pas, et dont je parlerai un jour prochain.

Car elle a une soeur jumelle, nommée Jeunesse, conçue et née en même temps qu’elle. Lorsque j’ai expliqué récemment sur ce blog comment naissait une chanson, je n’ai pas évoqué le cas de naissances multiples, qui n’est pourtant pas si rare.

Tout démarre dans les limbes. On est à la guitare, en mode rêveur, quelques notes vous viennent, et trois mots qui tiennent dessus. On les repère, on joue un moment avec. Si on est vraiment d’humeur féconde, naturellement on poursuit, toujours en mode rêveur, et souvent une autre mélodie arrive, et d’autres paroles qui s’accrochent à elle. Ça se fait sans y penser. Si bien que lorsqu’on revient à soi, on se retrouve avec deux, voire trois embryons de chansons.

On s’efforce alors de les nourrir, et de les faire grandir : c’est le processus que j’ai comparé à la reconstitution de fragments en archéologie. Dans le même temps, on les évalue. Presque toujours, il y en a un qui s’impose, et les autres retournent au néant. Mais il arrive aussi qu’ils se développent ensemble jusqu’au terme.

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Après, pour les chansons comme pour le reste, c’est la vie qui fait le tri : les circonstances qui entourent leur venue au monde, les ressemblances ou les dissemblances avec leurs aînées, leur personnalité plus ou moins forte, tout cela fera qu’elles trouveront leur place dans mon répertoire, ou qu’elles demeureront dans le silence.


Taupes
par arbon

Ils te disent :  Qu”est-ce tu crois ? Faut s’bagarrer mon vieux
La vie est un combat pénible et douloureux
T’avise pas de rêver c’est bien trop dangereux
Mais… c’est pas les taupes qui vont te parler du ciel bleu

Ils te disent : Obéis et prie bien le bon Dieu
Sois sage sois gentil sois propre sois sérieux
Ne sors pas du troupeau tu serais malheureux
Mais… c’est pas les taupes qui vont te parler du ciel bleu

Mais toi tu as un jour sorti le nez de terre
Et ça t’a ébloui cette lumière
Mais toi tu as un jour pris le goût du grand air
Et tu voudrais t’extraire de ta tanière

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Ils te disent : Tes écrans les lâche pas des yeux
Le monde est à ta main les gens les jobs les jeux
Tous tes amis sont là connectés bienheureux
Mais… c’est pas les taupes qui vont te parler du ciel bleu

Ils te disent : En cas d’blues des pilules t’en prends deux
Tu vas voir on prend soin de toi c’est prodigieux
Ton petit mal de vivre on va l’gérer au mieux
Mais… c’est pas les taupes qui vont te parler du ciel bleu

Mais toi tu as un jour sorti le nez de terre
Et ça t’a ébloui cette lumière
Mais toi tu as un jour pris le goût du grand air
Tu as voulu t’extraire de ta tanière
Respirer autre chose que la poussière
Partir tailler la route en solitaire

Et tu parles aux oiseaux

Il y a quelque chose d’amoureux dans les moments où l’inspiration tourne autour de soi. C’est une sensation physique, un serrement au ventre, une respiration qui se creuse : on sent qu’on a envie de composer ou d’écrire, on sent que quelque chose pourrait advenir. Cela ressemble à du désir, on en est d’abord étonné, puis on se met à la guitare, ou au piano, en essayant de frayer un passage à ce qui, au fond de soi, semble vouloir venir au jour.

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C’est ensuite, une fois qu’on se trouve face à quelques mots associés à quelques notes et qu’un embryon de chanson est là, que s’amorce le vrai travail. Je ne saurais mieux le comparer qu’à celui d’un archéologue tentant de reconstituer un texte dont il ne dispose que d’un fragment. Ce que je tiens, qu’est-ce qui peut bien venir avant, et après ? Est-ce un bout du couplet, une partie du refrain ? De quoi est-ce que ça parle vraiment ? Je suppute, j’extrapole, j’imagine, j’interpole, je renverse, j’invente. Enfin, je parviens à trouver le cadre : le nombre et la longueur des couplets et du refrain en fonction d’une première approximation de la durée totale de la chanson. Simultanément je mets à jour les contraintes d’écriture, aussi bien textuelles (nombre de vers, nombre de syllabes pour chaque vers, nature des rimes) que musicales (tempo, suites harmoniques, altérations). Tout ceci fonctionne comme autant de découvertes, découlant plus ou moins nécessairement du fragment initial, jusqu’à l’achèvement du puzzle, – ce qui peut prendre une heure, ou des semaines, ou des années –, ou jusqu’à son abandon.

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Deuxième video faite sur les chansons du disque Le Cap et la Boussole : De l’autre côté de la rue. L’idée d’illustrer ce titre avec des photos de Brassaï fonctionne bien (je m’aperçois que j’avais choisi Willy Ronis, la première fois que la chanson était apparue sur ce blog), mais je n’ai pas encore demandé l’autorisation aux ayants-droit. La mise en ligne de ce document est donc peut-être provisoire. Considérons qu’elle se fait pour le moment « sous le manteau ».

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Voici le clip de Plumes, fait maison, rustiquement. J’y ai pris du plaisir. J’aime beaucoup cette chanson, qui dessine mon autoportrait en canard. Ce n’est pas que je me complaise dans la contemplation de moi-même, c’est surtout que mes amis musiciens Scott, Pascal et Patrick ont été inspirés dans les arrangements, fluides à souhait.

A partager ad libitum.

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« Ulysse était sur le rivage. Ses larmes n’avaient pas séché. Toute la douceur de la vie s’écoulait par ses larmes. Calypso ne lui plaisait plus. Il passait encore ses nuits, par devoir, dans la grotte profonde ; elle ardente, lui sans ardeur. Mais le jour il allait s’asseoir sur les pierres des grèves, et pleurait en regardant la mer ». Homère, l’Odyssée, Chant V

« Dirons-nous que cela valut la peine ? Tout vaut la peine dès que l’âme n’est pas petite. Dieu a mis dans la mer le péril et l’abîme, mais il fit d’elle aussi le seul miroir du ciel ». Fernando Pessoa

A quoi songe-t-on, en contemplant la mer ? A ce à quoi songe Ulysse, à ce que dit le marin portugais de Pessoa, à mille autres choses encore, tout un océan de pensées, liberté, nostalgie, appel du large, qui se brisent en ressac sur notre finitude, et dans le flot desquelles ballotte désormais ma chanson vague, comme un bouchon.

Voici donc la version de Trucula Bonbon que j’ai finalement retenue pour le disque. Devant la levée de boucliers quasi-générale, j’ai renoncé à l’arrangement plus dansant, façon cha-cha-cha, que j’avais proposé cet été (et qu’on peut retrouver ici). J’ai suivi le conseil d’un ami musicien, qui m’a suggéré de garder l’enregistrement de départ (où figurait déjà le saxo) et d’y ajouter une ligne de basse toute simple. Cela m’a paru pertinent.

Naturellement, maintenant que ce choix est fait, il se peut que d’autres personnes me fassent part de leur préférence pour la version plus enlevée. Tant pis. La polémique est close. La Trucula officielle est désormais celle-ci.

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Un nouvel onglet vient d’apparaître sur ce site, un onglet magique qui permet d’écouter intégralement et gratuitement les chansons du nouvel album.

On peut aussi les retrouver sous forme de playlist sur le site Soundcloud :

Un immense merci à Scott, à Augustin, à Patrick, Pascal, et Gérard, musiciens et magiciens du son, sans qui ce disque n’existerait pas.

Rappel : toutes ces chansons en live, et d’autres, et des surprises, le mercredi 22 octobre à l’Européen, à Paris. Qu’on se le dise !

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Ne dirait-on pas que facebook a tout compris ? A peine ma publication d’Un dernier rock’n roll (sur https://www.facebook.com/lecapetlaboussole.arbon) venait-elle d’être partagée, que sa parenté avec de glorieux aînés était instantanément reconnue. (Tout de même, Arbon et AC/DC, ça en surprendra plus d’un, à commencer par moi).

Voilà néanmoins le travail :


DERNIER ROCK’N ROLL
par arbon

Mon prochain album s’appellera donc le Cap et la Boussole, et il y a plein de plumes dedans. Celles de la chanson du même nom, Plumes, qui appartiennent au canard qui me tient lieu d’autoportrait. Celles de Trucula aussi, dont les « jambes étaient des ailes / aux battements profonds / aux muscles fins et forts ». Celles d’un pinson, tout à la fin.

Il y a la vie passagère, les idées qui vagabondent, cet esprit de légèreté qui m’est si précieux.

Du coup, comme on peut le voir, Kikko, le merveilleux Kikko, et sa femme Muriel, ont eu l’idée de me composer un masque de plumes pour le visuel.

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La photo a été prise chez eux. Kikko m’a placé face à son videoprojecteur, projeté sur le visage un éventail de plumes qu’ll avait préparé à cet effet, Muriel tenait le réflecteur. Prise directe. Aucune retouche.

Pour ceux qui veulent avoir plus de détails dès à présent sur l’album, ses chansons, les circonstances de sa naissance et les concerts qui l’accompagnent, il a désormais sa page facebook, à faire connaître, et bien sûr à aimer 🙂

https://www.facebook.com/lecapetlaboussole.arbon

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