des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Lu – vu – entendu

Rabelais disait : “un enfant, ce n’est pas un vase qu’on remplit, c’est un feu qu’on allume”.
Lors de mon premier concert à l’Essaion, j’ai chanté ce texte mis en musique par Oscar Sisto. Allumez le feu… pour que ne brûlent plus les bibliothèques.

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APPRENEZ-LEUR A LIRE

Apprenez-leur à lire
Apprenez-leur à lire
   
C’était là le mot d’ordre unique
La consigne sacrée
Grandeur de l’instruction publique
Au siècle avant-dernier
Prenez les enfants de la Terre
Ceux de bien ceux de peu
Faites-en des hommes à part entière
Allumez-en le feu

La République elle est là
Tout entière dans B A BA
Apprenez-leur à lire
Apprenez-leur à lire

Levez-vous contre l’ignorance
Et ils se tiendront droit
Ils découvriront leurs souffrances
Discuteront vos lois
Ils feront à leur tour le rêve
D’un monde juste et beau
Ils assureront la relève
Se battront s’il le faut

La Révolution elle est là
Tout entière dans B A BA
Apprenez-leur à lire
Apprenez-leur à lire

Montrez-leur qu’une route existe
Mais n’allez pas plus loin
C’est à eux de trouver la piste
Vers le digne et l’humain
Traitez-les donc comme vous-mêmes
Ayez confiance en eux
Mais n’attendez pas des “ Je t’aime ”
Espérez des “ Je veux ”

L’amour du prochain il est là
Tout entier dans B A BA
Apprenez-leur à lire
Apprenez-leur à lire

PS: j’ai un doute. Rabelais ou Montaigne? Comme je ne suis pas un vase, et plus un enfant, et que de toute façon ma mémoire fuit un peu, je ne sais plus à qui revient réellement cette citation. Quelqu’un peut-il m’aider à retrouver la référence?

 
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FAMILLES

Toutes les familles ont des problèmes
La mienne ne fait pas exception
Pas assez ou trop de je t’aime
Aîné cadet fille ou garçon
On est tous des êtres bizarres
Les familles ça fait des dégâts
On s’y étreint on s’y bagarre
C’est plein de douleur sous la joie

On est tous tous tous tous des enfants malades
On est tous tous tous affamés d’amour

Y’a celui ou celle qui est moche
Celle ou celui qui est jaloux
Celle à qui on fait des reproches
Celui qui prétend qu’il s’en fout
On s’aime on se hait s’exaspère
Dans un seul et même mouvement
Entre frères et sœurs mère et père
Quelle confusion de sentiments

On est tous tous tous tous des enfants malades
On est tous tous tous affamés d’amour

Il suffit d’un mot pour qu’un drame
Eclate au milieu d’un repas
Nos blessures du fond de l’âme
Elles ne se referment pas
Les ans ne font rien à l’affaire
L’enfant saigne toujours en nous
On reste tous marqués comme au fer
Par ce passé atroce et doux

On est tous tous tous tous des enfants malades
On est tous tous tous affamés d’amour

On est tous tous tous tous des enfants malades
On est tous tous tous affamés d’amour

Dernière répétition avant le concert. Oscar Sisto et Arbon se mettent au travail. Paul et Roméo s’invitent sur scène. Voix et piano s’accordent. Arbon s’applique, minitieux.

“Tu ne jouis pas assez de moi” s’exclame Oscar tandis que s’éteint le dernier accord. “Essaie de varier les tempos, change de rythme!”

Ils reprennent, du début. C’est vrai que le tourbillon amoureux que raconte la chanson se prête bien aux ruptures de ton. Arbon s’enhardit. Oscar le suit. Tristan et les autres terminent leur ronde.
Un regard échangé, un sourire. Pas de doute, c’est mieux…

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Oscar Sisto et Arbon préparent pour leur soirée du 13 février plusieurs chansons originales.
Avant de les entendre, si vous en lisiez une???

   

PAUL ET ROMEO

Un beau jour dans une fête
Au paradis tout là-haut
Tristan séduisit Juliette
Et Paul flasha sur Roméo

Iseut fit une drôle de tête
Quant à Virginie pensez !
Le cœur brisé par ces traîtres
Les deux belles pleuraient pleuraient

Iseut maudissait sa flamme
Tristan salaud ! Tristan vautour !
C’ n’était donc qu’une tisane
Le filtre d’amour

Et Virginie la pauvrette
Plus désemparée encore
Eût admis Paul et Juliette
Mais Roméo !… Quel coup du sort !

Un beau jour dans une fête
Au paradis tout là-haut
Tristan séduisit Juliette
Et Paul flasha sur Roméo

Iseut voulait tuer Juliette
Au ciel c’est pas évident
Virginie fulminait : “ lopette !…”
Paul lorgnait déjà sur Tristan

Et le bon Dieu en personne
Libertin au fond certains jours
Riait qu’encore on s’étonne
Des fantaisies de l’amour

Un beau jour dans une fête
Au paradis tout là-haut
Tristan séduisit Juliette

Et Paul flasha sur Roméo


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Sur son premier album “Etre et avoir été”, on le découvre débordant d’amour, désabusé, amusé, nostalgique, paternel, fraternel, et ironique sur le monde qui nous entoure. Cet auteur, excellent mélodiste, joue avec les mots, pastiche ses chanteurs préférés, poétise discrètement ses chansons. Arbon parle peut-être trop de lui mais, malgré tout, ce qu’il raconte nous touche. Au fond les vies se ressemblent, même quand elles sont différentes…

François Alquier 

Et si vous (re)découvriez le premier album d’ARBON, “Etre et avoir été” ???

Il est rare que je sois obligé d’écrire quelque chose de manière urgente. Si ça ne vient pas un jour, je passe à autre chose, j’attends le lendemain. De toute façon, le plaisir de la pêche n’est pas simplement d’attraper du poisson… J’écris lentement, j’en profite, je me promène dans le paysage de mes pensées, je goûte ce vagabondage mental, je rêve, je butine d’une idée à l’autre, je ne suis pas pressé d’arriver au but.

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J’écris des chansons depuis que j’ai 17 ou 18 ans. C’était mon hobby. Au début, si je me suis mis à écrire, c’est peut-être par envie de faire comme Brassens. Et si j’ai gardé ça pour moi, c’est parce que ça ne valait pas Brassens. Aujourd’hui ce que j’écris n’est pas du Brassens, mais j’ai cessé de me dire “Etre Brassens ou rien”. J’accepte d’être Arbon.

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« Arbon réussit une entrée magistrale dans la cour des grands. »

Maxime Romain (La Marseillaise)

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