des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Lu – vu – entendu

Il se peut que Michel Serres et moi, nous contribuions bientôt à étendre à la chanson le champ de travail des tintinologues.
On se souvient que dans « l’Oreille cassée », Tintin part à la recherche d’un fétiche précolombien volé au musée ethnographique. Or, ce fétiche arumbaya fait l’objet d’un couplet d’une chanson encore inédite, intitulée Couper-Coller, que nous avons écrite, Michel Serres pour les paroles et moi pour la musique, et que nous créerons à l’Essaion le 12 mars.

fetiche.jpg© Hergé-Moulinsart

Pour mémoire, Michel Serres a bien connu Hergé. Tintinologue lui-même, il a publié il y a quelques années «Hergé mon ami », aux éditions Moulinsart.

(Je suis impatient de lire à ce sujet la réaction de mon ami Jacques Langlois, un des meilleurs connaisseurs au monde d’Hergé et de son œuvre.)

Il est évidemment interdit de prendre sans autorisation des photos d’un spectacle, encore plus de le filmer. Néanmoins, des images d’une soirée d’Arbon à l’Essaion (probablement celle du 27 février) ont malheureusement déjà circulé sur le Net.

 

On reste perplexe à la vue de cette séquence. Les spectateurs ne tarissent pas d’éloges sur la qualité des textes de l’artiste, et le talent de son guitariste. Est-ce bien du spectacle dont nous voyons les images qu’il s’agit ? N’aurions-nous pas, une fois encore, affaire à un montage grossier ?

Je vous ai laissés il y a quelques jours aux prises avec un problème difficile, dont je suis soulagé de vous livrer l’étonnante solution : conservons les vaches et les prairies, pourvu qu’il n’y ait pas trop de vaches à l’hectare. (Un grand merci aux chercheurs qui ont réalisé cette étude d’avoir fait faire un tel bond à nos connaissances).

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Mais si j’en crois mon amie Yolaine de la Bigne, et son excellent petit journal gratuit Neoplanète, le vrai problème n’est pas tant l’émission de méthane par les vaches, que l’émission indirecte de CO2 liée à l’élevage, notamment pour produire de quoi nourrir et engraisser ces chères têtes cornues. Bouc émissaire tout trouvé, si l’on ose dire: le veau, dont il faut nourrir la mère pendant plus d’un an pour obtenir à peine cent kilos de viande.
L’environnement va de mal en pisvache-pis.jpg

En plus d’avoir reçu la médaille d’argent des Jeux floraux, Etre et avoir été a été distinguée par des radios francophones partout dans le monde.

Voici les commentaires recueillis :

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CBOF – Radio Canada Ottawa – Ottawa [Canada]
Un rythme a la Stevie Wonder, parfait pour la periode estivale…
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CKIA 88.3 FM – Quebec [Canada]
Un peu reggae, un peu Brassens, un peu decapant, tout pour plaire a notre auditoire et devenir un hit du mois.
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CBSI – Radio Canada Cote-Nord – Sept-iles [Canada]
Un petit reggae en francais plutot rare, interessant et assez radiophonique pour nous.
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Radio Lotte – Weimar [Allemagne]
Du Brassens moins la voix… pas mal.
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CKXL Envol 91 FM – Winnipeg [Canada]
Sympathique… Original… Comme du Brassens en reggae ca donne !
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Radio Guangzhou / Radio Canton – Canton [Chine]
Des “reggae” de Brassens… Sympa.
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Radio circulo bellas artes – Madrid [Espagne]
Sur les traces de la chanson a texte, un bel exercice de style…
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Alliance francaise webradio – Miami [Etats-Unis]
Jolie chanson.
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Third programme – Athenes [Grece]
A splash of summer! No doubt, this one will make much noise this summer. Easy going and catchy!
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Love FM – Fukuoka [Japon]
Si vous avez envie de savoir ce que Brassens aurait joue s’il avait vu le jour en Jamaique, jetez une oreille sur Arbon… Un melange interessant et reussi !
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Radio Tellus – Oslo [Norvege]
Arbon nous replonge dans les Lapointe, Perret, Brassens tant aimes… Etre et avoir ete sur des riffs de reggae donne envie de vivre ete comme hiver… Arbon est une tres bonne tetee.
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Radio Universitaria do Minho – Braga [Portugal]
Rythme sympatique, voix agreable.
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Q.B.S / Qatar Broadcasting service – Doha [Qatar]
A super cool summer chiller.
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Je reviens sur ma chanson Etre et avoir été, et sur son passage controversé :

…on peut paître et avoir pété
comme l’agneau dans la bruyère
la vache qui ayant brouté
mâche en relâchant son derrière…

Cette histoire de pets de vaches est beaucoup plus sérieuse qu’elle n’en a l’air. Car de quoi est fait le pet des vaches ? Principalement de méthane. Et qu’est-ce que le méthane (CH4) ? Le deuxième gaz à effet de serre, après le CO2. Si bien que les animaux d’élevage contribuent presque autant que l’automobile au réchauffement de la planète.
De bons esprits (scientifiques) se sont donc penchés sur le problème suivant : sachant que les pâturages émettent du méthane (par le cul des vaches), mais fixent du dioxyde de carbone (par l’herbe de leurs prairies et sa fonction chlorophyllienne), quel est leur bilan en termes de gaz à effet de serre ? Ou, pour parler dans les termes de Sully, la France doit-elle se couper l’une de ses mamelles pour se consacrer exclusivement au labour ?
Je vous laisse mariner quelques jours dans ce suspense intolérable. Réponse la semaine prochaine.

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Dans la préface des Fables, La Fontaine écrit : « Socrate dit que les dieux l’avaient averti en songe qu’il devait s’appliquer à la musique avant qu’il mourût ». Cette injonction laisse Socrate perplexe. Comme chacun sait, Socrate sait qu’il ne sait rien. Il ne connaît donc pas la musique. Il ne joue que médiocrement de la lyre. Commentaire de La Fontaine : « Il fallait qu’il y eût du mystère là-dessous ».

Mais musique et poésie entretiennent des rapports très intimes (prosodie de la poésie antique). Alors Socrate prend les fables d’Esope, et « emploie à les mettre en vers les derniers moments de sa vie ».
On pourrait dire qu’il a fini en écrivant des chansons.
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Rabelais disait : “un enfant, ce n’est pas un vase qu’on remplit, c’est un feu qu’on allume”.
Lors de mon premier concert à l’Essaion, j’ai chanté ce texte mis en musique par Oscar Sisto. Allumez le feu… pour que ne brûlent plus les bibliothèques.

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APPRENEZ-LEUR A LIRE

Apprenez-leur à lire
Apprenez-leur à lire
   
C’était là le mot d’ordre unique
La consigne sacrée
Grandeur de l’instruction publique
Au siècle avant-dernier
Prenez les enfants de la Terre
Ceux de bien ceux de peu
Faites-en des hommes à part entière
Allumez-en le feu

La République elle est là
Tout entière dans B A BA
Apprenez-leur à lire
Apprenez-leur à lire

Levez-vous contre l’ignorance
Et ils se tiendront droit
Ils découvriront leurs souffrances
Discuteront vos lois
Ils feront à leur tour le rêve
D’un monde juste et beau
Ils assureront la relève
Se battront s’il le faut

La Révolution elle est là
Tout entière dans B A BA
Apprenez-leur à lire
Apprenez-leur à lire

Montrez-leur qu’une route existe
Mais n’allez pas plus loin
C’est à eux de trouver la piste
Vers le digne et l’humain
Traitez-les donc comme vous-mêmes
Ayez confiance en eux
Mais n’attendez pas des “ Je t’aime ”
Espérez des “ Je veux ”

L’amour du prochain il est là
Tout entier dans B A BA
Apprenez-leur à lire
Apprenez-leur à lire

PS: j’ai un doute. Rabelais ou Montaigne? Comme je ne suis pas un vase, et plus un enfant, et que de toute façon ma mémoire fuit un peu, je ne sais plus à qui revient réellement cette citation. Quelqu’un peut-il m’aider à retrouver la référence?

 
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FAMILLES

Toutes les familles ont des problèmes
La mienne ne fait pas exception
Pas assez ou trop de je t’aime
Aîné cadet fille ou garçon
On est tous des êtres bizarres
Les familles ça fait des dégâts
On s’y étreint on s’y bagarre
C’est plein de douleur sous la joie

On est tous tous tous tous des enfants malades
On est tous tous tous affamés d’amour

Y’a celui ou celle qui est moche
Celle ou celui qui est jaloux
Celle à qui on fait des reproches
Celui qui prétend qu’il s’en fout
On s’aime on se hait s’exaspère
Dans un seul et même mouvement
Entre frères et sœurs mère et père
Quelle confusion de sentiments

On est tous tous tous tous des enfants malades
On est tous tous tous affamés d’amour

Il suffit d’un mot pour qu’un drame
Eclate au milieu d’un repas
Nos blessures du fond de l’âme
Elles ne se referment pas
Les ans ne font rien à l’affaire
L’enfant saigne toujours en nous
On reste tous marqués comme au fer
Par ce passé atroce et doux

On est tous tous tous tous des enfants malades
On est tous tous tous affamés d’amour

On est tous tous tous tous des enfants malades
On est tous tous tous affamés d’amour

Dernière répétition avant le concert. Oscar Sisto et Arbon se mettent au travail. Paul et Roméo s’invitent sur scène. Voix et piano s’accordent. Arbon s’applique, minitieux.

“Tu ne jouis pas assez de moi” s’exclame Oscar tandis que s’éteint le dernier accord. “Essaie de varier les tempos, change de rythme!”

Ils reprennent, du début. C’est vrai que le tourbillon amoureux que raconte la chanson se prête bien aux ruptures de ton. Arbon s’enhardit. Oscar le suit. Tristan et les autres terminent leur ronde.
Un regard échangé, un sourire. Pas de doute, c’est mieux…

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Oscar Sisto et Arbon préparent pour leur soirée du 13 février plusieurs chansons originales.
Avant de les entendre, si vous en lisiez une???

   

PAUL ET ROMEO

Un beau jour dans une fête
Au paradis tout là-haut
Tristan séduisit Juliette
Et Paul flasha sur Roméo

Iseut fit une drôle de tête
Quant à Virginie pensez !
Le cœur brisé par ces traîtres
Les deux belles pleuraient pleuraient

Iseut maudissait sa flamme
Tristan salaud ! Tristan vautour !
C’ n’était donc qu’une tisane
Le filtre d’amour

Et Virginie la pauvrette
Plus désemparée encore
Eût admis Paul et Juliette
Mais Roméo !… Quel coup du sort !

Un beau jour dans une fête
Au paradis tout là-haut
Tristan séduisit Juliette
Et Paul flasha sur Roméo

Iseut voulait tuer Juliette
Au ciel c’est pas évident
Virginie fulminait : “ lopette !…”
Paul lorgnait déjà sur Tristan

Et le bon Dieu en personne
Libertin au fond certains jours
Riait qu’encore on s’étonne
Des fantaisies de l’amour

Un beau jour dans une fête
Au paradis tout là-haut
Tristan séduisit Juliette

Et Paul flasha sur Roméo

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