Loto

Une dame espagnole (je me suis mis dans l’idée que c’est une dame, mais à la vérité je n’en sais rien) a gagné 176 millions d’euros à l’Euromillions il y a quelques jours.
On imagine que c’est facile: on joue de temps en temps quand il y a une grosse cagnotte, on coche le bulletin comme ça, au hasard, et hop! si on a de la chance, la fortune!…


Mais c’est parfois beaucoup plus éprouvant que cela. Un chauffeur de taxi m’a raconté le stress abominable dans lequel il vit depuis dix ans. C’est un joueur de loto méthodique et obstiné. Il participe à tous les tirages, et joue toujours la même combinaison. Et alors, me direz-vous? Eh bien, le pauvre homme ne vit plus. Il ne peut plus partir en vacances, il ne peut plus s’absenter, il ne peut plus tomber malade.
-Imaginez que ma combinaison sorte précisément la fois où je n’aurais pas joué! Vous vous rendez compte, hein? Non mais, vous vous rendez compte?!…
Rien que d’évoquer cette idée il pâlit et transpire.

Moi, ce dont je peux surtout me rendre compte, c’est que cet homme ruine sa vie en cherchant le gros lot. Enchaîné à sa chimère. “Fidèle courtisan d’un volage fantôme” comme l’écrit mon cher La Fontaine, dans “l’Homme qui court après la fortune et l’Homme qui l’attend dans son lit”.

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