des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Je cherchais, pour ce 11 novembre, s’il existait sur Internet une trace de mon grand-père, qui avait fêté ses vingt ans en 1917, à Verdun. Je n’en ai pas trouvé. Mais de lien en lien, j’ai erré dans les souvenirs de la Grande Guerre, dont les récits ont marqué mon enfance, et qui me font toujours frissonner.

En “surfant”, je suis tombé sur une page du Mémorial virtuel du Chemin des Dames, consacrée à l’un de ses combattants. Il s’appelait Almire Alphonse Laurent Piochon, avait vingt-sept ans, était soldat de deuxième classe au 243è régiment d’artillerie. Je lis : « circonstances du décès: tombé au champ d’honneur alors qu’il réparait une ligne téléphonique ; lieu du décès: commune de Courtecon, dans l’Aisne ». Voilà, c’est laconique. Court et con.

PIOCHON.jpg

Courtecon était un tout petit village de quatre-vingt-quinze habitants, qui fut lui aussi détruit pendant la bataille, et jamais reconstruit.

2 réponses à Court et con

  • Toujours trop longues, les guerres sont la preuve que l’humanité a peu évolué depuis l’homme du Neandertal.
    Témoignage de cette boucherie, le livre de Jean-Pierre Guéno, Paroles de Poilus (lettres et carnets du front), que je recommande. Dans sa dédicace, il parle de « paroles qui font entendre la petite
    musique de l’âme … de poilus qui n’avaient pas 20 ans ! »
    Extrait (ci-dessous)- lettre de Jules Gillet, agriculteur Vosgien- à sa femme Louise :
    “La Croix Saint-Jean le 19 mai 1915,
    Aujourd’hui j’ai un peu plus de courage et je vais te raconter le bilan des trois journées terribles et d’enfer, où j’ai cru ne jamais te revoir (…) dimanche dernier nous devions attaquer dans le
    bois d’Ailly si tristement célèbre, et qu’on peut appeler le tombeau du 171° (…) notre artillerie taisait de terribles ravages (…) nous étions tous à moitié fous. Nous arrivons enfin au point où
    nos lignes s’arrêtaient, on nous donne le signal de la charge. Nous bondissons dans le feu des mitrailleuses des Boches (…) Ma section se trouve dans le boyau, point dangereux entre tous. (…) tout
    homme qui est vu est un homme mort… et il faut se découvrir pour tirer. Vers 10h du matin –ordre de l’homme de liaison – « tenir à tous prix » – les allemands ont reçu du renfort et vont
    contre-attaquer (…). Notre artillerie commence à les exterminer dans leurs tranchées, c’était horrible, les bras, les jambes, tout volait en l’air, et les cris affreux, alors ils se lancent sur
    nous avec des boites à mitrailles (…) j’étais comme fou, les camarades tombent tout autour de moi, je ne vois plus rien, mais chose curieuse, je n’avais pas peur… »
    Après le récit de la mort de son frère dans ses bras, le visage « tout couvert de (sa) cervelle » il poursuit « C’est terrible, on ne peut qu’obéir… ».
    La lettre se termine comme beaucoup : « Au revoir, ma Louise, ou plutôt adieu. »

  • Cette guerre était partie pour être “courte et joyeuse”. Elle fut, hélas, longue et conne.

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