« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Il y a la limite qui se rapproche, et l’unité de temps qu’on ignore. Années ? Combien ? Un matin, le corps tient pour certain que l’échéance n’est plus loin, que la distance qu’on a devant soi est courte. Alors on se demande comment la saisir, qu’en faire, et comment même, simplement, la penser. Les réponses se dérobent. Désemparé, le cœur se serre.

Si l’on en a la chance, on tourne son regard vers la personne bien-aimée, celle dont on partage la vie.
« Elle a vu ma pâleur, elle a vu mes rides multiples,
après les injures du temps et du siècle superbe,
dépouillant tout mon corps de sa frondaison de jeunesse ;
feuilles mortes qui tombent, quand on agite un rameau nu… »
(Dhou’l-Roummah)

Oui, elle a tout vu, et l’on voit de même. Quoi ? Que le siècle nous injurie tous. Que la fin se profile. Que dans ses yeux l’amour luit toujours. Que l’ombre s’étend. Que le corps se fane. Que la beauté demeure. Qu’il n’y a rien d’autre.

« Un peu de pain, un peu d’eau fraîche,
L’ombre d’un arbre, et tes yeux !
Aucun sultan n’est plus heureux que moi.
Aucun mendiant n’est plus triste ».
(Omar Khayyam)

© Yannick M.

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