« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

J’ai déjà évoqué Wang Wei, ce poète chinois du VIIIè siècle (dynastie Tang) qui occupa de hautes fonctions au sein de l’Empire avant de se retirer dans une vie solitaire. Sa réputation était si grande que lorsqu’An Lushan, un Tartare, prit la tête d’une terrible révolte contre l’Empereur, il le fit enlever, car il se demandait « quel animal c’était qu’un poète et à quel usage il pouvait servir ».

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An Lushan retint longtemps Wang Wei près de lui. Wang, qui était aussi un médecin de renom, soignait les rebelles blessés pendant les batailles, puis il improvisait des vers en l’honneur du souverain légitime, à la table même de son ravisseur.

C’est peut-être en guise de réponse à l’interrogation du barbare qu’il écrivit :

Marcher jusqu’au lieu où tarit la source
et attendre
assis
que se lèvent les nuages.

 

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