des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Il y a, à la fin du premier acte de La fausse suivante de Marivaux, un divertissement paysan badin et joyeux dans lequel il est question de « ma Claudine » : pensez si cet intermède a attiré mon attention. Les paroles en sont fraîches et le double sens subtil. (Bergères et bergers étaient réputés pour être bien agiles, en ce temps-là.)

Comme il est en forme de chanson, j’en ai pris un extrait, et l’ai légèrement remanié, en attendant peut-être de le mettre en musique. Titre ? Tout ci tout ça, cela semble évident.

 

Ma Claudine un jour me conta
Que sa mère en courroux contre elle
Lui défendait qu’elle m’aimât
Tout ci, tout ça


Entrons dans ce bocage-là
M’intima aussitôt la belle
Nous verrons ce qu’il en sera
Tout ci, tout ça

Quand elle y fut, elle chanta
Berger, dis-moi que ton cœur m’aime
Et le mien aussi te dira
Tout ci, tout ça

Après, elle me regarda
D’une scintillante prunelle
Mon cœur, à son tour, lui chanta
Tout ci, tout ça


Et cette chanson fut si tendre
Que cent fois elle soupira
Du plaisir qu’elle eut de l’entendre
Tout ci, tout ça

Car mon chant ne la lassait pas
Elle voulait toujours l’apprendre

Tant qu’enfin la voix me manqua
Tout ci, tout ça

 

Source : Marivaux, La fausse suivante, Acte I sc 11

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