des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Dans son livre « Une Odyssée », qu’il a construit comme une subtile et savante méditation sur l’Odyssée d’Homère, Daniel Mendelsohn écrit que contrairement à l’Iliade, qui est une épopée guerrière, l’Odyssée est « un poème sur le monde de l’après guerre (…) qui explore, entre autres, ce à quoi ressemble un héros quand il n’y a plus de combat à livrer. »

Voilà la clé qui, au-delà des récits d’aventure, explique la fascination que l’Odyssée exerce depuis trois mille ans sur ses lecteurs. Qu’est-ce qu’un héros lorsqu’il n’est plus qu’un homme, et qu’il subit les événements au lieu de les provoquer ? Et que lui reste-t-il ? Le voyage, l’errance, la séduction des rencontres (Calypso, Circé, Nausicaa), la plongée dans l’anonymat (mon nom est Personne), la douleur de l’absence, la jeunesse perdue, le désir du retour…

Plus d’ennemis à terrasser, plus de victoire possible, plus rien de décisif, mais des confrontations douloureuses et incertaines : avec les éléments, avec le temps qui passe, avec soi-même. Ulysse a renoncé à l’immortalité. Il a renoncé à la gloire. Il va découvrir tout ce qui fait le prix et la vraie beauté d’une vie d’homme : une femme (Pénélope), un fils (Télémaque), un père (Laërte), un vieux chien, et un petit royaume, Ithaque, c’est-à-dire un chez soi qui pourrait n’être qu’un jardin.

Une Odyssée, Daniel Mendelsohn, éditions Flammarion

4 réponses à Quand le héros redevient homme

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