« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Aujourd’hui, il y a un an que Maman est morte.

Je devrais plutôt écrire : s’est éteinte, tant la petite flamme de sa vie était devenue faible et fragile.

Je n’étais pas auprès d’elle. Je ne l’ai pas accompagnée dans ses derniers instants. J’aurais dû braver le confinement. Je sais bien qu’on fait toujours seul le voyage, mais au moins j’aurais été sur le quai pour lui dire au-revoir. Peut-être.

Au moment où elle s’éteignait, j’étais à Amou, je marchais dans les champs. Je faisais le tour de ce pré qu’on appelle le Treitis. Il était couvert de plantain, une herbe vivace qui résiste au piétinement. Le printemps triomphait. J’ai pris sans savoir pourquoi cette photo presque abstraite. C’était une heure avant qu’elle ne ferme les yeux.

Quelque chose dans la mort de Maman devait depuis toujours s’accorder au printemps.

Dernier printemps

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PHILIPPE MISTELI

Joli texte JP!

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