Pourquoi on tousse

Je suis tenté de faire le lien entre mes récents billets sur le silence et celui d’hier sur la difficulté de ne rien faire. Car l’environnement sonore de celui ou celle qui ne fait rien est l’absence de bruit.

Par conséquent, pour les mêmes raisons que l’homme a le plus grand mal à demeurer au repos, il a aussi tendance à fuir le silence. Il parle, il se fait entendre, à tout le moins il signale sa présence : en toussant, en se raclant la gorge, en reniflant, voire en tapant légèrement du pied. Il serait mortifié de passer inaperçu.

C’est toute la difficulté des musiques du silence : l’auditeur a beau s’efforcer de les considérer comme des œuvres, il ne peut s’empêcher d’y percevoir le signe d’une inaction mortifère, et d’entreprendre, à bas bruit, de les troubler.

Les compositeurs de ces morceaux misent d’ailleurs là-dessus. Ce qu’ils donnent réellement à entendre, c’est le malaise de l’homme devant le vide, c’est le bruit de fond physiologique de l’espèce.

© Le Tampographe Sardon

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