Musique du silence

A propos de musique et de silence, j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer sur ce blog les 4mn33s de John Cage et la Marche funèbre composée pour les funérailles d’un grand homme sourd d’Alphonse Allais.

J’ai découvert qu’il y avait d’autres œuvres dans la même veine. Un compositeur tchèque, Erwin Schulhoff, créa en 1919 une suite pour piano intitulée Fünf Pittoresken dont le troisième mouvement In futurum est entièrement bâti sur des rythmes complexes de silences, comme on peut le voir sur l’extrait de partition ci-dessous.

Malcolm Arnold, à qui l’on doit la musique du film Le pont de la rivière Kwaï, composa un Carnaval des Animaux dont un passage nommé Chiroptera est consacré, comme son nom l’indique, aux chauves-souris, et doit être joué par l’orchestre « avec grande énergie mais sans faire de son ».

Quant à Yves Klein, il avait conçu dès 1949 un équivalent sonore de ses célèbres monochromes avec la Symphonie Monoton-Silence, articulée en deux parties : la première où l’accord de ré majeur est tenu et répété sans interruption pendant vingt minutes, puis une seconde, d’une durée égale, où l’on n’entend que le silence.

J’emprunte d’ailleurs cette notion de « silence audible » à Yves Klein lui-même. Mais il va de soi que de l’un à l’autre de ces morceaux silencieux, les différences sont subtiles, et que pour les percevoir, il faut des oreilles bien ouvertes, et un petit travail parallèle du cerveau.

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Henri Mariès

Heureusement, la petite barre rouge de Youtube s’est arrêtéee d’avancer, sinon j’écouterai encore…

GUY

Excellent !