« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Mon billet d’hier sur l’injonction à agir a suscité un certain nombre de réactions plus ou moins indignées, et je constate qu’il est décidément bien difficile, dans nos contrées, de s’affranchir d’une idéologie de l’action que nous avons intériorisée depuis notre plus jeune âge.

Dans cette affaire, je me contentais juste de dire que selon moi nombre d’actions (une majorité) ne servent à rien sinon à provoquer du désordre, et relèvent de notre incapacité à demeurer tranquillement au repos. Je n’ai jamais cherché à prétendre qu’agir est inutile en soi, mais j’affirme que faire de l’action la valeur suprême n’a pas plus de sens que d’ériger l’apathie en principe.

Bref, je me trouve exactement dans la même disposition d’esprit que Robert-Louis Stevenson quand il écrit, dans son Apologie des oisifs :
« Il est certain qu’il existe beaucoup d’arguments judicieux en faveur du zèle, mais il y en a aussi beaucoup contre, et c’est précisément ceux-là que j’entends présenter ici. Exposer un argument ne signifie pas se montrer sourd à tous les autres, et le fait qu’un homme ait publié ses voyages dans le Monténégro n’exclut pas qu’il ait pu visiter Richmond. »

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AGUERRE G.

Je suis tout à fait d’accord avec toi JP, et avec Henri qui viens de poster son commentaire. Des actions compulsives -qui ne sont que des réponses instantanés à une angoisse- sont souvent de bien piètres solutions. Plutôt des solutions qui deviennent un problème…

Henri

Ne volontairement rien faire, c’est déjà faire quelque chose. Le “primum non nocere” d’Hippocrate revient a agir en ne prescrivant pas (par exemple un traitement plus nocif que benefique, au moins pour le malade sinon pour le portefeuille du pharmacien). Dans ma carriere medicale, j’ai souvent eu beaucoup de mal a faire comprendre qu’une non-prescription, quand elle ne releve pas d’un oubli, peut etre un acte therapeutique d’aussi grande valeur que celle d’un medicament beaucoup plus couteux.

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