« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

A quoi sert un poète ? A corrompre la jeunesse. Et je ne parle pas que des poètes maudits, les François Villon, les Arthur Rimbaud, les Jim Morrisson, les Kurt Cobain, qui donnent le mauvais exemple par la façon dont ils ont brûlé la leur, je parle aussi de poètes plus paisibles, plus gais, plus sensuels. Voyez Marot, voyez Ronsard : Vivez si m’en croyez n’attendez à demain / Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. Voyez La Fontaine, qui semble si inoffensif qu’on l’enseigne aux enfants : Le repos ! Le repos trésor si précieux / Qu’on en faisait jadis le partage des dieux.

Que peut-on attendre de bon d’un tel enseignement ? Rien. Leurs œuvres incitent à s’écarter de la voie balisée, elles tendent à mépriser l’argent ou le pouvoir, elles questionnent le sens du travail : autant d’idées bizarres et néfastes qui, si elles venaient à se répandre, remettraient bientôt le monde à l’endroit, et la société sens dessus dessous.

 

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Bertrand de Foucauld

Cher Jean-Pierre, je en sais pas s’il faut mépriser l’argent, mais en tout cas, tu parles d’or!

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