« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Ces deux livres de Michel Serres, parus à vingt cinq ans de distance, forment à mes yeux un diptyque.

La mort, depuis que l’homme est homme, produit des stèles, et des statues. Avec elle, la chair se fait pierre. Elle se fige dans le dur. La sculpture se dresse, immobile, immuable, silencieuse, « boite noire » interrogeant muettement ceux des siècles à venir.

Le mouvement et la vie produisent des vibrations qui s’ordonnent et se raffinent en musique. Avec le chant, la chair se fait verbe. Magnificat. La musique se déploie dans le présent. Elle se fait entendre, et n’est plus.

Sculpture et musique. Dur et doux. Loth et Orphée. Loth fuit Sodome avec sa famille. La mort les poursuit. Sa femme se retourne, et devient une colonne de sel : apparition de la statue. Orphée le musicien revient avec Eurydice des Enfers. Il se retourne, elle s’évanouit comme une note qui cesse de sonner : fin de la musique.

(Rappel : ce soir à 17 h, première des “Rencontres Michel Serres de l’Ecole Normale Supérieure”. Pour ceux qui voudraient y assister par visioconférence, le lien est ici : https://forms.app/marinesalesses/inscription-visioconference-michel-serres-3-juin)

 

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Bertrand de Foucauld

“Ni temps passé ni les amours reviennent”, in “Le pont Mirabeau”, Apollinaire.

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