des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Longtemps, j’ai pensé que le vers le plus formidable de la langue française était celui-ci :

Et vraiment, quand la mort viendra, que reste-t-il ?

Cet alexandrin de Verlaine me procure depuis toujours une sorte de vertige. J’aime son côté fracturé (3 pieds, puis 5, puis 4), sa puissance interrogative, et surtout la fulgurante et géniale collision des deux verbes, futur et présent, par laquelle la mort, actualisée avant même de surgir, semble déjà tout dévaster.

Mais ce n’est pas un vers qui m’accompagne au quotidien. Ce n’est pas un vers que je cite souvent. Il ne fait pas vraiment partie de mes amis. Celui qui me vient le plus fréquemment aux lèvres (comme sous ma plume, car je l’ai déjà cité à plusieurs reprises dans ce blog), celui dans lequel mon esprit se glisse avec le plus de bonheur, comme une main dans un gant de beau cuir souple et fait pour elle, c’est :

Loin du monde et du bruit goûter l’ombre et le frais.

Je n’étonnerai aucun de mes lecteurs en disant qu’il est de La Fontaine. Dès que je le murmure, il me transporte sous un arbre, à l’écart. Adieu la ville. Le soleil joue derrière les feuilles, la brise est douce, la vie verdoie, le temps chante comme un ruisseau.

Et si sous ces ombrages mon amour est près de moi, comme aujourd’hui, mon bonheur est complet, et je suis incapable de rien imaginer de mieux.

Bon anniversaire mon amour !

Une réponse à Le vers le plus beau

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