« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Umberto Eco, interrogé jadis par Bernard Pivot sur ce qu’était la vie intérieure, avait répondu que la vie intérieure, c’était là où il n’y avait pas le téléphone.

Je note que cette réflexion date d’une époque où tous les postes de téléphone étaient fixes, et qu’il suffisait de s’éloigner de son domicile ou de son bureau pour échapper aux intrusions d’autrui dans son espace mental. Une sorte d’intimité subsistait. On pouvait rentrer en soi-même. Et même si, comme tel personnage d’Anouilh, c’était pour n’y trouver personne, au moins n’y rencontrait-on pas à toute heure le monde entier sur un écran.

Seuls de rares ermites, ou quelques pauvres parmi les pauvres, ont encore accès aujourd’hui au vide de l’âme. Pour tous les autres, c’est un luxe que nul ne peut plus — ni ne veut — se payer.

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