des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Je déjeune avec l’ami Béra. Nous sommes attablés devant deux solides tranches de terrine de canard et une bonne bouteille de Morgon. Sans que notre appétit en soit affecté le moins du monde, la conversation se pose un moment sur l’épidémie de coronavirus. Michel en suit le développement comme le lait sur le feu. Il faut dire qu’il est titulaire au CNAM de la chaire de modélisation des risques, et se trouve en contact avec quelques uns des meilleurs spécialistes de la question.

— Le pangolin, me dit-il. Tout part de là.
— Oui, j’ai lu ça.
— Eh bien ! C’est très mignon, comme animal. Tu devrais écrire la ballade des pangolins.

L’idée m’a amusé.

La ballade des Pangolins

Nous sommes les Pangolins
Longue queue et tête fine
Nos silhouettes trottinent
Par les plus discrets chemins

Quoiqu’en boule le matin
Nous vivons d’humeur badine
De Namibie jusqu’en Chine
Nous sommes les Pangolins

Hélas hélas quel chagrin
L’écaille de nos échines
Alimente en médecines
Marabouts et margoulins

De surcroît pas mal d’humains
Apprécient notre chair fine
En sauce ou bien en terrine
Aux oignons ou au cumin

Tout animal le sait bien
L’homme a la veine assassine
S’il vous veut pour sa cuisine
Vous n’y échapperez point

Mais le dieu des Pangolins
(Que son règne un jour culmine)
A glissé dans nos poitrines
Un talisman clandestin

Un virus assez vilain
Une vicieuse vermine
Une infernale machine
Qui fait tousser les coquins

C’est le coronamachin
Bien mieux qu’une carabine
Il dégomme et contamine
Qui ne nous veut pas du bien

Ainsi de Perse au Tonkin
La pandémie se dandine
Fallait pas chercher Mimine
Nous sommes les Pangolins

2 réponses à La ballade des pangolins

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