« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Nous sommes passés sur la tombe de Jacques. Un an déjà qu’il repose dans le cimetière de Sées, en Normandie. Il a choisi d’être enterré là, auprès de sa belle famille. Il attend sa femme. Le moment venu, nous savons qu’elle aura du bonheur à le rejoindre.

La pierre a été posée récemment. La pluie ni le soleil ne l’ont encore patinée. Les joints sont encore blancs. « Ciment encore frais (…) cette herbe sauvage pour seule compagnie » : j’ai pensé, pendant cette visite, au poème de Tahar Bekri sur Senghor à Bel Air, que j’ai autrefois mis en musique.

Les cimetières sont des lieux d’intermittence : absence, présence, absence. Les disparus nous effleurent dans l’invisibilité de l’air. Ils se condensent dans l’évanescence d’une fleur puis s’échappent dans un coup de vent. Il faisait une chaleur d’Afrique. Un orage se préparait. Dans « le silence de la tombe, sous nos fronts émus », il m’a semblé que Jacques souriait « de ses millions de lèvres de lumière ».

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