« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Et puis Leonard Cohen est mort.

J’ai passé la matinée d’hier à écouter son dernier disque. Un chef d’oeuvre. Un diamant noir. L’équivalent, en chansons, des derniers autoportraits de Rembrandt.

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Lucidité âpre et sereine. Voix grave, sépulcrale, chaleureuse. Chant d’adieu (I’m leaving the table, I’m out of the game) comme aucun chanteur n’en écrivit jamais. Ultime confrontation avec Dieu, le mystère, dernière lutte avec l’ange et la figure de l’amour où les traits du Christ se confondent avec ceux d’une femme (I’ve seen you change the water into wine / I’ve seen you change it back to water too / I sit at your table every night / I try but I just don’t get high with you / I wish there was a treaty we could sign).

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Au moment de la sortie de l’album, il y a trois semaines, il avait déclaré : « J’ai dit récemment que j’étais prêt à mourir. Je crois que j’exagérais. On est parfois porté à la dramatisation. J’ai l’intention de vivre pour toujours. »

So long, Leonard. I believe that you heard your Master sing.

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