« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Certaines personnes refusent de croire qu’un être vivant puisse être entièrement mauvais. Même le frelon asiatique, ce Hun contemporain à l’égard duquel nous entonnons volontiers en France depuis quelques années une variante insecticide de la Marseillaise (« Entendez-vous dans nos campagnes bourdonner ces féroces hyménoptères qui viennent jusque dans nos ruches égorger les abeilles nos compagnes ? ») trouve grâce aux yeux de quelques-uns.

Une chercheuse s’est ainsi récemment persuadée, à ce qu’on m’a rapporté, que ledit frelon (Vespa velutina pour les intimes) sécrète des substances potentiellement utiles dans le traitement de certains cancers rares. Si elle était avérée, la nouvelle serait réjouissante. Le hic, cependant, est que d’après cette dame, ces substances se concentrent dans le sperme de l’insecte. Se pose donc le problème de récolter la précieuse semence, en quantité suffisante.

J’imagine que conduire un essaim de frelons mâles jusqu’à l’éjaculation sans se faire piquer est une opération singulièrement délicate. Elle doit consister — schématiquement — à manipuler l’un de leurs dards sans réveiller l’autre. Je ne sais quelle méthode est employée pour y parvenir, mais si ça se passe comme chez les humains, ça nécessite des doigts de fée.

Testicules de frelon

(C’est cette histoire de sperme de frelons qui, l’autre jour, m’échappait inexplicablement. À la lecture de mon dernier billet, l’ami qui me l’avait racontée a eu pitié de moi et m’a rafraîchi la mémoire.)

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Brian Thompson

Je ne me porte pas volontaire, aussi intrépide que je sois dans l’ensemble!

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