« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

De la lecture de mes deux derniers articles, il résultera aux yeux de mes lecteurs que je suis de ceux qui pensent que le volume de choses nouvelles qui restent à dire sur la nature humaine est extrêmement limité. On croit être original, mais on répète, on redit, on reformule, on paraphrase. Car l’espèce humaine étant semblable à elle-même depuis la nuit des temps, ceux qui ont parlé en premier, les Homère, les Eschyle, les Sophocle, les Socrate, ont dès le début énoncé l’essentiel. (Dans la querelle des Anciens et des Modernes, on voit que je penche du côté des Anciens.)

« Rien de nouveau sous le soleil », confirme l’Ecclésiaste *. Cependant le soleil continue à se lever tous les jours, et lui aussi se répète, au fil des saisons comme des millénaires. Or aucune journée n’est identique à une autre. Il se produit toujours d’infimes variations. Si bien que je suis également sensible à l’objection formulée (entre autres) par Musset : « la lâcheté nous bride, et les sots vont disant / que sous ce vieux soleil tout est fait à présent / comme si les travers de la nature humaine / ne rajeunissaient pas chaque an, chaque semaine ».

Alors dire ou ne pas dire ? « Les paroles seules comptent, le reste est bavardage », disait Ionesco. Il se peut que ce soit le fin mot de l’affaire.


* pertinemment cité par Claudine, en la circonstance.

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Joëlle

en effet, et cela me rappelle un poème que j’ai publié sous le même nom que vous pouvez découvrir ici : http://joellethienard-com.over-blog.com/2015/01/dire-ou-ne-pas-dire.html

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