Croire ou pas au progrès

— Quel fatalisme Jean-Pierre!! Je ne pense pas que la planète va mourir à cause de quelques cretins qui allument des feux de forêt ou provoquent des accidents nucléaires (…)
— Comment peux-tu, Jean-Pierre, te féliciter d’avoir « cessé de croire niaisement au progrès » ? (…)

Je ne m’attendais pas à ce que mon récent et bref billet sur Comment la planète va mourir suscite des réactions aussi passionnées. Fataliste, pessimiste, défaitiste, peureux : voilà comment je suis apparu aux yeux de certains lorsque j’ai mis en doute l’idée de progrès.

Je ne nie pas que la science, la technique, la connaissance progressent. Mais je ne crois plus depuis longtemps que cela nous prépare un avenir meilleur. Je ne peux que renvoyer à quelques articles de ce blog qui résument ma vision (pessimiste en effet) de l’avenir : 1986, 240000 par jour, la capsule Terre, le pronostic de Kafka. Car le progrès est comme la langue d’Esope : la meilleure et la pire des choses. Ses conséquences concrètes, depuis deux ou trois siècles, ont été l’allongement considérable de l’espérance de vie et l’amélioration non moins considérable des conditions de vie des hommes. Cependant nous avons atteint le stade où le nombre d’humains sur la planète et la pression que ce nombre exerce sur l’environnement ne sont plus tenables.

Bien sûr ce n’est pas la Terre qui va mourir, et probablement pas la vie non plus. Elle a une telle capacité d’évolution qu’elle s’adaptera. Mais l’espèce humaine ? Une de mes contradictrices la voit dans quelque temps habiter Mars et utiliser les ressources des planètes gazeuses. Faisons un effort, admettons. Par rapport au coin de campagne joli et paisible et l’ombre fraîche de l’arbre sous lequel je me trouve, où sera le progrès ?

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