des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

    Argan
— Mais, enfin, venons au fait. Que faire donc quand on est malade ?

    Béralde
— Rien, mon frère.

    Argan
— Rien ?

    Béralde
— Rien. Il ne faut que demeurer en repos. La nature, d’elle-même, quand nous la laissons faire, se tire doucement du désordre où elle est tombée.

(Molière, Le Malade imaginaire, Acte III sc 3)

Face au covid-19, il y a deux stratégies. Celle de Molière, où on laisse faire la bonne dame nature, qui se fâche parfois mais qui sait aussi apaiser les maux. Si j’ai bien compris, c’est celle qu’ont adoptée les Anglais : le virus va contaminer 60 à 70% de la population, on ne cherche pas à s’y opposer plus que ça, et lorsqu’on y sera, bonne nouvelle : les gens seront immunisés par rapport au virus, et celui-ci disparaîtra faute de trouver auprès de qui se répandre. Inconvénient, concédé par Boris Johnson : préparez-vous à perdre « many loved ones ».

L’autre approche, moderne mais contraignante, est celle qu’ont retenu les Chinois et les Asiatiques en général. Car si à l’époque de Molière la médecine méritait d’être raillée pour sa fatuité et son incompétence, elle a heureusement depuis fait pas mal de progrès. On sait notamment comment le virus se transmet, et comment éviter qu’il le fasse : en s’isolant les uns des autres. Menée énergiquement, voire manu militari, cette stratégie a prouvé son efficacité.

Entre les deux, les Européens naviguent. En France, on a choisi le confinement, mais un confinement de type quantique, où l’on peut tout à la fois rester chez soi et aller voter (ce qui est, à mon avis, pousser le bouchon du « en même temps » un peu loin). Inutile de s’étonner qu’on peine à le faire appliquer. Tiraillés hier, jour des élections municipales, entre le devoir sanitaire et le devoir civique, nos compatriotes ont avec bon sens privilégié le premier.

Ne rien faire, rien, que demeurer en repos. Il n’y aura bientôt plus le choix.

Une réponse à Confinement quantique

  • Le confinement – quel qu’en soit le degré – n’a jamais eu pour but de diminuer la progression du virus dans la population générale. Il ne le peut pas. Le virus finira par toucher environ 60% de la population mais son rythme de progression peut être ralenti par un confinement strict ce qui permet au personnel de santé de prendre en charge les malades sans être excessivement débordé. Encore eut-il fallu le décider dès les premiers cas en France : l’indécision des pouvoirs publics est ici coupable. Puisqu’il faut compter environ 15 à 20 jours d’hospitalisation avec intubation et respiration artificielle par malade, il est clair que nos 5000 lits seront rapidement remplis. C’est déjà le cas à Mulhouse, point de départ de l’épidémie française, où les médecins sont déjà amenés à “faire des choix” (chut : il ne faut pas le dire au bon peuple). Ce sera généralisé à toute la France dans 10 jours. Le taux de létalité du virus oscille entre 2,6% (séries italiennes “corrigées”) et 0,5 % (statistiques sud-coréennes). Il semble en France que le taux soit d’environ 2%. Dans tous les cas, les chiffres sont terribles ! 65 millions de Français X 60% = environ 40 millions de malades infectés et 2% de décès parmi eux veulent dire 800 000 morts… Un chiffre en apparence si invraisemblable que je ne peux arriver à y croire et pourtant les infos médicales que je reçois ne sont guère optimistes : pourvu que tout ce beau monde se trompe ! J’ajoute que bon nombre de malades “guéris” ne s’en sortent pas si facilement : 4 à 6 mois de kiné respiratoire en raison de poumons “en verre dépoli” (dixit les médecins de Hongkong) avec parfois des séquelles sévères (notamment chez les jeunes) pour une bonne partie des sujets. Ce coronavirus est réellement redoutable et mieux vaut faire partie des 40% de Français non infectés…

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