des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Stanislas de la Tousche / Céline © G Devienne

« On essayerait d’élever des cochons comme on élève les hommes personne n’en voudrait. Pensez, des cochons alcooliques ! Ils ne sont plus que des appareils digestifs. Péniblement, vous retrouvez un être au fond de cette bouillabaisse alcoolique et fumeuse. C’est sans intérêt n’est-ce pas, vous avez affaire à des monstres. Ils sont embrogués c’est fini… Il y a quelques jacotages, quelques bafouillages, des grosses vanités, une décoration, et pis une académie, les voilà satisfaits… »

C’est Céline qui parle. « Les idées, rien n’est plus vulgaire… Je ne suis pas un homme à messages. Je ne suis pas un homme à idées. Je suis un homme à style ». Ah, du style, il en a, l’animal ! Féroce, méchant, impitoyablement lucide, aigri, ignoble, paranoïaque, et parfois désarmant, on peut encore le voir et l’entendre dans la véranda de sa maison de Meudon, répondant à des questions comme s’il pensait à voix haute, assis dans son fauteuil de vieux, mal fagoté, arthritique, frileux, et s’interrompant pour ouvrir la porte à des petites filles venues prendre leur cours de danse auprès de Lucette, sa femme.

Pour cela, il faut se rendre au théâtre des Déchargeurs, à Paris. L’incarnation que Stanislas de la Tousche donne de Céline est tellement saisissante qu’on croit l’avoir devant soi, en chair et en os. Le spectacle connait un succès amplement mérité. Les prolongations commencent ce soir.

Qu’on se le dise !

Théâtre des déchargeurs mardi 6 et mercredi 7 mars à 21h15
les dimanches 18, 25 mars et 8, 15 et 22 avril à 17h et les lundis 9, 16 et 23 avril à 19h30

 

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