Atlas colonial français

Il y a dans la bibliothèque de mes beaux-parents un Atlas colonial français. C’est un livre de très grand format, daté de 1931, et composé comme il se doit de cartes géographiques ainsi que de photographies en noir et blanc.

Le maréchal Lyautey en a rédigé la préface. Il y expose les trois objectifs de l’ouvrage : faire connaître les colonies ; les faire aimer (« pour trouver des coloniaux, il faut éveiller des enthousiasmes »); enfin, « aider à l’essor des colonies ».

Qu’entend-il par cette dernière formule ? Que le domaine colonial recelant « d’immenses ressources naturelles, d’inépuisables richesses (…) il faut encore les lui arracher ». Il se peut qu’en utilisant le terme arracher il ait voulu désigner une extraction difficile, mais le dictionnaire donne comme synonymes : enlever, ôter, retirer, prendre, soustraire, dépouiller, ce qui laisse transparaître un sens nettement plus brutal au propos.

Le maréchal n’oublie pas, bien sûr, de conclure sur la mission civilisatrice de la mère patrie. Il écrit : « A des peuples arriérés, ou demeurés à l’écart des évolutions modernes, ignorant parfois les formes du bien-être le plus élémentaire, nous apportons le progrès, l’hygiène, la culture morale et intellectuelle, nous les aidons à s’élever sur l’échelle de l’humanité. »

Je ne suis pas, loin de là, un adepte de la cancel culture, mais il faut bien reconnaître que la colère rétrospective dont elle est porteuse n’est pas tout-à-fait sans fondement.

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Bruno SERIGNAT

En Histoire, il faut toujours replacer les faits dans le contexte de l’époque. Les colonisateurs ont certainement permis l’extraction des richesses locales vers la métropole mais ils ont aussi construits des pays modernes par les infrastructures mises en place (routes, chemins de fer, ports, etc.). Que serait l’Algérie (un pays qui n’existait pas avant 1830) sans la colonisation ?