« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Archives mensuelles : juillet 2015

En ces temps où tout le monde croit tout savoir, sans plus jamais prendre la peine d’approfondir une question plus de cinq minutes, la vie de scientifique, et de chercheur en particulier, devient de plus en plus ardue.

Car le scientifique est contraint d’expliquer toujours davantage en quoi consistent ses recherches et quels en sont les enjeux. Comme il mène une activité qui n’est pas directement rentable, il doit justifier de son utilité – à tout le moins de son intérêt  – à ceux qui la financent. Et comme les décideurs, en termes de budget, ne comprennent généralement rien à ce dont il retourne, et que la complexité de la question (en mathématique ou en physique fondamentale notamment) requiert davantage que cinq minutes d’explications, « Qu’est-ce qu’on perd comme temps ! » est devenu le motto général dans les deux camps. Celui du scientifique, car ce sont autant d’heures qu’il ne consacre pas à son précieux travail. Celui du financier, car pour augmenter ses lumières sur le sujet, ce temps additionnel ne fait rien à l’affaire, ou quasi.

L’écueil, pour le chercheur, est alors d’éviter de s’attirer ce que Pythagore décrivait comme « l’incompréhension haineuse des ignorants ».

incomprehension

La prochaine représentation de La Fontaine / Brassens sera donnée le 12 août à Carqueiranne, dans le Var, dans un théâtre à ciel ouvert.

auditorium parc st vincent

Compte-tenu du lieu et de la saison, il faut s’attendre à un grand concert de cigales. Les fourmis pourront difficilement en placer une. L’été devrait être au sommet de sa joie.

Marie Christine Barrault me donnera la réplique, et je saisis cette occasion pour signaler qu’elle joue en ce moment et pour toute la durée du festival d’Avignon, « Les yeux ouverts » au théâtre du Chêne Noir, un spectacle où elle incarne Marguerite Yourcenar, qui rencontre un vif succès, et que j’envie ceux qui vont avoir la chance de pouvoir aller l’applaudir.

Quelquefois, par pure coïncidence, on trouve au détour d’une lecture une page qui fait étrangement écho à l’actualité. Difficile de ne pas penser à la situation de la Grèce de 2015 dans cette description que le duc de Saint-Simon, dans ses Mémoires, fait de la France de 1709 :

« On ne cessait de s’étonner de ce que pouvait devenir tout l’argent du royaume, personne ne pouvait plus payer parce que personne ne l’était soi-même ; les gens de la campagne, à bout d’exactions et de non valeur, étaient devenus insolvables ; le commerce tari ne donnait plus rien, la bonne foi et la confiance étant abolies (…) Le roi ne payait plus même ses troupes, sans qu’on pût imaginer ce que devenaient tant de millions qui entraient dans ses coffres ».

Comment se termine l’histoire ? Par un « miracle », dit Saint-Simon, qui « tira la France des mains de toute l’Europe résolue et prête à la faire périr ». Hélas pour M. Tsipras et la Grèce, Saint-Simon n’explique pas en quoi consista ledit miracle, sauf que, sans surprise, son effet pour les petites gens fut tout sauf miraculeux : « la refonte de la monnaie et son rehaussement d’un tiers plus que sa valeur intrinsèque* apporta du profit au roi, mais une ruine aux particuliers et un désordre dans le commerce qui acheva de l’anéantir ».

* en clair : une banqueroute partielle de l’état, qui fait défaut sur le tiers de sa dette

grece crise financiere chapatte

© Chapatte

CMA4è

Il y aura deux lieux, et il y aura trois jours : cette année, Chansons et Mots d’Amou grandit et part sur les traces de quelques étonnants voyageurs.

Premier lieu : les Arènes. S’y succéderont (vendredi 7 août), Tam Tam les mots, de et avec Frédéric Pagès, chanteur et passeur de poètes, et Gaëlle Cotte, la plus africaine des françaises ;  la délicieuse Chloé Lacan (ayant déjà dit sur ce blog tout le bien que je pense de certains des artistes qui sont programmés, on se reportera aux liens pour davantage de commentaires) ; (samedi 8 août) Arbon (mais qui est Arbon ? se sont longtemps interrogé les lecteurs de ce blog), avec la participation de l’Harmonie d’Amou ; Gaël Faye, que je tiens pour l’un des auteurs de chansons les plus doués de notre époque, pour la création de Legato ; l’extraordinaire Camille et son frère Simon Dalmais pour un Hommage à H. Bassam, leur père, moment rare ; (dimanche 9 août) David Sire avec un spectacle sensible, drôle et déjanté, et Alexandra Hernandez qui partira Vers le Nord en compagnie Jonathan Mathis.

Second lieu : le jardin de Baigthosse (prononcer « batiosse ») où à 16h tous les jours Marie Christine Barrault d’abord, Stanislas de la Tousche ensuite embarqueront en musique (et nous avec eux) sur des pages de Cendrars, Le Clezio, Tahar Bekri, Stevenson, Céline, Kerouac…

C’est à Claudine Plas-Arbon qu’on doit cette programmation exceptionnelle.

Toutes les infos sont sur le site www.chansonsetmotsdamou.fr

Les billets sont en vente ici : réservations.

Qu’on se le dise !

Prochains spectacles
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