des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Archives mensuelles : juillet 2015

Mon dernier article, j’ai eu bien du mal à l’écrire. La faute à mon iPhone et à son application Notes, une fois de plus. A la place de Schubert et Brahms, j’ai eu droit à Schubert et brahmanes. Le regard du chef est devenu le regard du chat. Quant à la chair nue aux lignes fermes et délicates, elle ne dépassait pas du bustier mais du budget.

Il faut rester très concentré avec un outil pareil. Ça rappelle un peu l’école primaire, du temps qu’on écrivait encore à l’encre et à la plume, et qu’un voisin turbulent assis à vos côtés vous filait des coups de coude pour vous faire faire des pâtés.

Nous assistons à un concert symphonique. Au programme : Schubert et Brahms. Notre position de spectateurs est assez inhabituelle : nous sommes placés juste derrière les violoncelles, en contrebas des contrebasses, ce qui nous offre un point de vue original, du côté des graves et de la rythmique, en plein sous le regard du chef.

Alors que je me laisse peu à peu prendre par la force de la musique et toutes les sensations lointaines qu’elle ranime en moi, ma pensée échappe doucement à mon contrôle, et tout-à-coup, tout entière, elle se concentre sous l’aisselle d’une violoncelliste, dans une portion de chair nue aux lignes fermes et délicates qui dépasse de son bustier. Le velouté de la peau, le délié de l’épaule, l’exquise confluence du bras du dos et du sein, la tonicité élégante des muscles, toute cette fraction de corps intime vibre et vit de musique.

violoncelliste

Une musique incarnée, rendue visible par la grâce de mouvements souples et lumineux, tendue vers la beauté qui naît, meurt et renaît dans le temps qui passe.

 

PS : aujourd’hui débute le festival d’Avignon. Villon la Vie s’y jouera au théâtre de l’Ange tous les jours à 18h35 jusqu’au 26 juillet. Je le dis une fois encore : j’incite sans réserve ceux qui le peuvent à aller (re)découvrir le testament de Villon, ce texte torrentueux, drôle, irrespectueux, sensible, magnifique, écrit en 1461 « en l’an trentième de son âge » par un génial poète, et interprété par le virtuose des mots qu’est Michel Arbatz.

La préparation de l’édition 2015 de Chansons et mots d’Amou bat son plein. Entre les bénévoles, le travail est réparti par commissions (hébergement, restauration, transport des artistes, etc.)

L’une de ces commissions connaît une activité particulièrement intense depuis quelques jours, à en juger par la fréquence des mails échangés entre ses membres, dont Claudine et moi recevons copie. C’est celle qui se penche sur le délicat problèmes des toilettes qui seront mises à la disposition du public, et que l’un de ses animateurs a judicieusement baptisée la grosse commission.

Je n’entrerai pas ici dans les détails de ce travail extrêmement complexe, vu le nombre élevé de paramètres à intégrer : hypothèses d’affluence, quantité de besoins naturels, nombre et nature des toilettes (sèches ou humides), vidanges à effectuer. Mais à la fin du compte, comme on en revient toujours à une question de budget, notre secrétaire général remarque invariablement : ça fait ch(i)er.

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