Sommations à l’iceberg

La semaine qui commence est cruciale pour le Brexit. Les accros au feuilleton (comme moi) vont se régaler.

Résumons : le Royaume-Uni a négocié pendant deux ans avec l’Europe un accord sur les conditions du Brexit. Pour ce faire, il avait préalablement défini des « lignes rouges », dont l’une consistait à rétablir les frontières avec l’Union Européenne, et une autre à ne pas en avoir avec l’Irlande, qui fait cependant partie de l’Union.

L’aspect contradictoire de ces deux propositions sautant aux yeux de tout le monde sauf à ceux des Anglais, les négociations ont été laborieuses. Les Européens ont fini par dire : écoutez, on trouvera certainement un jour le moyen de faire une frontière qui ne soit pas une frontière, mais le temps qu’on le trouve, vous restez dans l’union douanière avec nous. All right, ont marmonné les Anglais.

Puis leur Parlement a été pris d’un doute : — Ah, mais si c’était un piège, cette idée d’une frontière-qui-n’est-pas-une-frontière ? — C’est notre idée. — Justement… Retournons négocier avec les Européens, et exigeons qu’ils l’abandonnent.

Aussitôt fait que dit. — Mais vous l’abandonnez aussi, alors ? — Ah, non ! Nous n’avons qu’une parole…

On en est là. Un journal néerlandais a écrit, à propos de l’attitude des Britanniques : « c’est un peu comme si l’équipage du Titanic s’était réuni et avait décidé que c’était à l’iceberg de céder le passage ».

Keep calm and carry on.


S’abonner
Notification pour
guest

1 Commentaire
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Bruno SÉRIGNAT

Il faut se rendre à l’évidence : les négociateurs de l’UE ont été extrêmement exigeants vis-à-vis des anglais pour une raison évidente : il faut rendre leur départ le plus difficile possible afin que cette idée saugrenue de quitter l’Union ultralibérale (mais terriblement autoritaire) ne vienne pas à l’esprit d’autres. Déjà qu’on avait prédit “l’effondrement total” de la Grande-Bretagne si elle osait… et que ça ne s’est pas produit alors… Ben, on va leur faire regretter leur souci d’indépendance, non mais !