des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Je n’avais jamais eu de chien. Et je n’aurais jamais imaginé que cette habitude que Claudine et moi avons prise d’aller nous promener avec les chiens d’Augustin à Amou me procurerait une telle joie.

Au moment de partir marcher, ils sautent tout autour de nous en nous faisant la fête. Ils savourent le moment que nous allons passer ensemble, et s’agitent jusqu’à ce que nous nous mettions en chemin. Dès que nous atteignons la limite d’un champ, ils bondissent par-dessus le fossé, et courent ventre à terre, ivres de leurs corps et de leur liberté. Ils vont, viennent, reviennent. Ils furètent dans les bosquets, ils flairent les terriers, ils pourchassent les oiseaux, pleins de fougue, exaltés de mouvement. Et quand nous rentrons, juste avant de remonter vers la maison, ils sautent dans le ruisseau qui coule là, s’y rafraîchissent, s’ébattent, s’ébrouent, s’y désaltèrent.

Cela m’émerveille de voir à quel point ils sont tout entiers dans l’instant qu’ils vivent. Ils jouissent du présent, sans question, sans pensée. Ce faisant, ils devraient être pour nous un véritable exemple, si toutefois nous n’avions pas tant de mal à les considérer comme nos semblables. En fait, ils illustrent parfaitement cette remarque de Samuel Butler : « Tous les animaux, sauf l’homme, savent que la chose essentielle dans la vie, c’est d’en profiter ».


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